Une jeune fille assise seule dans les gradins, chandail de hockey sur le dos, les mains au visage. Tout ce qu’elle voulait pourtant, c’est aider ses coéquipières à gagner un match de hockey. Mais elle ne le peut pas, en raison d’une règlementation juste, mais aussi un peu bizarre… Plus que les mots, cette image frappe.

Cette jeune fille, c’est Shani Rossignol. On la dit très bonne. Tellement qu’elle évolue pour les Western Phantoms de Fredericton, dans la Ligue de hockey bantam AAA féminin. Ce n’est pas rien. Mais elle a aussi choisi de faire partie des Élites de la polyvalente Thomas-Albert de Grand-Sault, du circuit interscolaire de hockey féminin AA, à titre de joueuse affiliée. C’est son droit et Hockey Nouveau-Brunswick le permet.

Il le permet en autant que l’un – les activités des Élites – n’interfère pas l’autre. L’autre étant les Phantoms. Et les Phantoms sont la priorité.

Je n’ai rien contre ce règlement. En fait, je le trouve plutôt utile. Après tout, il faut mettre les points sur les i et les barres sur les t, comme on dit, sinon ce serait un véritable capharnaüm afin d’éviter qu’un joueur de hockey ne cesse de se promener impunément d’une équipe à l’autre.

Mais parfois, quand la situation le permet évidemment, il faut aller au-delà des règlements. Utiliser le gros bon sens. Et dans le cas de Shani, je crois que tous les intervenants impliqués dans ce dossier auraient pu en arriver à une autre solution que d’empêcher la talentueuse jeune joueuse d’aider les Élites à remporter le Championnat provincial de hockey interscolaire féminin AA parce qu’elle aurait manqué un entraînement des Western Phantoms.

Je comprends que, selon Hockey NB, sa formation bantam AAA devait avoir la priorité. Mais là, on ne parle pas d’un match quelconque en saison régulière. On parle d’un championnat provincial, un événement spécial. C’est pas mal plus gros qu’un entraînement. Il me semble qu’on aurait pu discuter et trouver un compromis afin que Shani puisse vivre cette expérience enrichissante sur la patinoire, avec ses coéquipières des Élites. Non seule, l’âme en peine, dans les gradins.

Shani n’est peut-être pas blanche comme neige dans cette histoire. C’est fort possible, en fait. La direction des Western Phantoms, ou encore Hockey Nouveau-Brunswick, ont-ils voulu passer un message envers leur jeune joueuse – et les autres qui seraient tentés d’emprunter le même chemin – qu’elle ne peut pas décider comme ça où elle va aller jouer? Là aussi, c’est fort possible. Mais est-ce une raison suffisante pour la punir de la sorte? J’en doute fortement.

En étant trop rigide avec les règles, on prive parfois des jeunes de moments importants, des moments dont ils se souviendront toute leur vie. Mais là, le souvenir de Shani sera triste et ça peut être assez pour la décider de se retirer du hockey. Ce serait très dommage.

Oui, ça prend des règles, ça prend des limites. Au hockey comme ailleurs. Mais lorsqu’un cas comme celui de la jeune Rossignol se présente, on devrait être capable d’en discuter ouvertement et d’en arriver à une solution qui serait prise d’abord dans les intérêts du jeune et dans ceux des parties engagées. Mais là, de la priver de jouer ce championnat – pas un simple match de saison, mais un championnat provincial! – et de se sentir probablement humiliée à porter son chandail des Élites tout en étant seule dans les gradins parce qu’elle a manqué un entraînement de son équipe bantam AAA féminin, je ne suis vraiment pas certain que ses intérêts ont été respectés.

Après tout, ce n’est que du hockey. Ce n’est qu’un jeu.

Titan ou Wildcats?

Les séries éliminatoires… Le moment le plus amusant de la saison, a dit Antoine Morand, le jeune attaquant vedette du Titan d’Acadie-Bathurst. Il a bien raison.

Ce sera intéressant de suivre ce que feront le Titan et les Wildcats ce printemps dans les séries de la LHJMQ. Acadie-Bathurst aura à en découdre avec les impressionnants Sea Dogs de Saint-Jean et l’exceptionnel Joe Veleno. Plusieurs sont d’avis que les Vikings du Nord ne feront pas le poids face à la troupe de Danny Flynn. Je n’en suis pas si sûr.

Parce que dans les séries, personne n’est à l’abri d’une surprise. Et mon petit doigt me dit que le Titan pourrait surprendre les Sea Dogs dans ce premier tour éliminatoire, à condition évidemment que le gardien Reilly Pickard, qui vient tout juste de recevoir le titre de gardien par excellence de la dernière semaine dans la Ligue canadienne de hockey, poursuive sur cette lancée qui en a fait l’un des meilleurs portiers du circuit Courteau depuis deux mois.

Et si jamais les Sea Dogs l’emportent, ce seront alors quatre, cinq, six ou sept matchs d’expérience qui seront très précieux pour la prochaine saison du Titan. Car aussi prometteur soit-il, Acadie-Bathurst aura besoin de vivre ce genre d’expérience pour passer à la vitesse grand V et devenir la redoutable formation que plusieurs voient dans le collimateur.

Pendant ce temps, les Wildcats devront se réveiller de leur torpeur dans lequel ils se sont embourbés depuis les Fêtes s’ils veulent veiller tard ce printemps. Moncton n’a impressionné personne dans les dernières semaines et les Tigres de Victoriaville peuvent se présenter au Nouveau-Brunswick avec un espoir réel de surprendre la bande à Conor Garland.

Tout ça pour dire que si j’avais un petit 2$, je le mettrais sur le Titan…

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