Batman v Superman: un combat de trop

ecranJuste au moment où je croyais que DC Comics et Warner Bros. avaient appris des erreurs de L’Homme d’acier (2013), Batman v Superman: l’aube de la justice nous entraîne – après deux heures de bon cinéma – dans un gargantuesque, risible et décevant amalgame d’effets spéciaux.

Batman v Superman: l’aube de la justice est le deuxième épisode d’une ambitieuse saga qui verra la production, d’ici 2020, d’une dizaine de films mettant en vedettes les héros de DC Comics (Batman, Superman, Wonder Woman, Flash, Aquaman, etc.).

L’action de ce deuxième chapitre se déroule 18 mois après les événements de L’Homme d’acier. Dans la foulée de la bataille de Metropolis (au cours de laquelle Superman et Zod se sont affrontés, semant au passage chaos et destruction), la population de la Terre est divisée: Superman (Henry Cavill) est-il un ami ou un ennemi de l’humanité?

Certains voient le fils de Krypton comme une figure divine. D’autres, à l’instar de la journaliste Lois Lane (Amy Adams), comme un symbole qui peut donner espoir aux Terriens. Enfin, il y a ceux qui craignent carrément que Superman utilise ses immenses pouvoirs pour asservir l’humanité. C’est notamment le cas de Bruce Wayne (Ben Affleck), alias Batman, et du milliardaire Lex Luthor (brillant Jesse Eisenberg).

Chacun de leur côté, Wayne et Luthor comploteront pour débarrasser la Terre de l’homme d’acier. Leurs tractations auront toutefois des conséquences bien plus graves qu’ils n’auraient pu l’imaginer.

Sublime prologue

Batman v Superman: l’aube de la justice est un drôle d’animal. On a l’impression de visionner trois films totalement différents.

Dans un premier temps, le prologue. On y assiste à la mort de Thomas et Martha Wayne, à leurs funérailles ainsi qu’au moment où Bruce découvre ce qui deviendra la Batcave.

Rien qui n’a jamais été montré au grand ou au petit écran; mais jamais dans une telle splendeur. C’est dans cette partie du film que l’empreinte du réalisateur Zack Snyder est la plus marquée. La troisième dimension est utilisée avec un brio exceptionnel. Et l’attention aux détails, jumelée aux tons de noirs et aux ralentis, font que, visuellement, ce prologue n’est rien de moins qu’un chef d’oeuvre.

Brillante deuxième partie

Vient ensuite la deuxième partie, qui s’étend sur environ 100 minutes. Ici, l’art laisse place au divertissement dans un segment complexe, empreint de symbolisme, où le spectateur est mis face à toutes les nuances de gris qui peuvent exister sur le spectre qui oppose le bien et le mal.

Snyder et le producteur Christopher Nolan ont toujours répété que l’élément central de leur saga est de montrer la réaction d’un monde «réel» à la présence de Superman. Grâce à cette solide deuxième partie, ils peuvent dire mission accomplie.

Bruce Wayne affirme qu’il ne s’est jamais senti «aussi impuissant» que depuis que Superman a débarqué sur Terre, des experts de tous acabits débattent à la télévision du statut divin de l’homme d’acier, le fils de Krypton qui est forcé de témoigner devant un comité sénatorial de ses intentions face à la race humaine… on ne pourrait pas être davantage dans le réel.

Et Sndyer y va d’un solide tour de force: il parvient à nous manipuler de si brillante façon que Superman nous apparaît comme le méchant d’une très grande partie du film. Sans qu’il n’ait absolument rien fait de mal!

C’est aussi dans cette deuxième partie que Lex Luthor s’élève au rang d’un des meilleurs vilains du cinéma de superhéros. Eisenberg nous offre un Luthor à la santé mentale vacillante – à l’image de l’inoubliable Joker de Heath Ledger.

Malgré la puissance de ses dilemmes moraux et l’originalité de son scénario, cette deuxième partie n’est tout de même pas du même calibre que la trilogie Dark Knight (2005, 2008 et 2012). Mais je n’ai pas peur d’avancer que, dans le genre, c’est certainement ce qui s’en rapproche le plus.

Décevante conclusion

Si, pour culminer le deuxième acte du film, Snyder a fait preuve d’une louable retenue dans l’attendu – et très divertissant – combat opposant Batman à Superman, il répète les horribles erreurs de L’Homme d’acier dans la conclusion.

Ce qui jusque-là avait le potentiel de figurer parmi les meilleurs films de superhéros jamais tourné part en vrille quand Lex Luthor, dans toute sa folie, parvient à donner vie à un mutant kryptonien auquel il donne le nom de Doomsday.

Fini le film subtil ancré dans le réel. On entre alors dans une interminable bataille entre Superman, Batman et l’indestructible Doomsday. Wonder Woman débarquera même in extremis pour venir donner un coup de main aux deux héros.

Oubliés l’attention aux détails et les plans de caméra artistiques. Terminé le questionnement sur le bien et le mal. Le film devient une orgie d’effets spéciaux et d’images de synthèse un peu floues où les héros deviennent des acteurs tertiaires au profit de la destruction, du carnage et des explosions. Tout ça pendant une longue demi-heure…

Dire que le troisième acte vient tout gâcher serait exagérer. Mais il s’agit très certainement d’une immense déception. Pour la première fois de l’histoire du cinéma, Batman et Superman combattaient côte à côte! Et ils le font dans un insignifiant enchaînement de pixels… Décevant, oui.
Le meilleur de Superman au cinéma

1) Superman, le film (1978)

2) Superman 2: The Donner Cut (2006)

3) Superman 2: l’aventure continue (1980)

4) Batman v Superman (2016)

5) Le retour de Superman (2006)

6) L’homme d’acier (2013)

7) Superman 3 (1983)

8) Superman 4: Le face-à-face (1987)

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