BERNARD THÉRIAULT

Que du bonheur! Les voies ensoleillées que nous propose le gouvernement Trudeau dans son premier budget valent largement les quelques années de déficit que celui-ci nous impose! Mieux encore, il exorcise en quelque sorte les années noires du précédent gouvernement où on a tenté de définir notre identité davantage par ce à quoi nous nous opposions que ce à quoi nous croyions.

Fini le temps où le gouvernement nous dit qui nous devons craindre ou encore qui nous devons fuir. Fini les nuages sombres où l’on doit apprendre à se méfier de son voisin plutôt que de l’apprécier. En appliquant les politiques keynésiennes d’intervention de l’État, avec l’objectif de stimuler la croissance et de redonner aux citoyens canadiens l’espoir d‘une vie améliorée, le gouvernement nous offre des sentiers plus lumineux et un retour à des valeurs qui nous ressemblent davantage. Quelqu’un m’a fait remarquer cette semaine que sans s’en rendre compte l’approche négative du précédent gouvernement commençait à déteindre sur toute la population. Après la pluie, le beau temps.

Mais le signal le plus important qu’envoie ce budget, c’est un retour à une distribution de la richesse plus équitable et plus compatible avec les valeurs d’une société juste qui avait été pendant plusieurs générations la marque de commerce du Canada. On ramène l’âge de la retraite à 65 ans, on bonifie la prestation pour enfant en la rendant non imposable et on augmente les bourses pour les étudiants du postsecondaire. La culture reprend ses droits et les autochtones pourront profiter d’une attention toute spéciale.

Comme promis, Radio-Canada verra augmenter son budget, en espérant que les stations régionales pourront en bénéficier. Plus important encore, on élimine les réformes de l’assurance-emploi du précédent gouvernement, on diminue d’une semaine la période d’attente et on bonifie ponctuellement le programme pour aider les provinces productrices de pétrole comme l’Alberta. Ceci est de bonne guerre, compte tenu de la contribution de cette dernière province qui a maintenu presque seule la croissance économique du pays au cours des dernières années.

Il faudra un peu de temps pour véritablement mesurer l’impact de ce budget sur les programmes d’infrastructure ici dans la province. Les attentes sont grandes du côté de Fredericton, mais il faut reconnaître que le fédéral ne peut à lui seul nous sortir du merdier financier dans lequel nous nous trouvons. Mais c’est tout de même un bon début. Je vous prédis qu’à moins de problème majeur, on pourra traverser la Petitcodiac sur un pont flambant neuf d’ici les prochaines élections!

Déjà, j’entends l’opposition nous marteler que l’on transfère à nos enfants une dette qu’ils n’auront pas les moyens de payer. En léguant à la prochaine génération un pays généreux, plus ouvert aux autres et conscient de ses responsabilités environnementales, il n’y a pas de plus bel héritage à transmettre à nos enfants!

JEANNOT VOLPÉ

Un budget fédéral qui favorise la popularité aux dépens de l’économie et d’une saine gestion financière démontre un manque de leadership en n’étant pas prêt à faire des choix. Un budget habilement et politiquement bien préparé. Il sera difficile de critiquer au risque d’offusquer des personnes proches qui voient des bénéfices personnels très appréciés.

En donnant quelques milliards de dollars aux jeunes, aux familles et aux personnes âgées, M. Trudeau va chercher l’appui pour les dépenses qui seront moins populaires, qui coûteront cher et feront mal. Celui-ci a d’ailleurs dit à Washington dernièrement que «C’est le temps de dépenser» et il semble y prendre plaisir.

Il faut admettre que le gouvernement a été élu de façon démocratique en promettant des budgets déficitaires allant jusqu’à 10 milliards$ pour quelques années. Une fois élu et la caisse ouverte, pourquoi ne pas tripler cette augmentation de la dette qui produira beaucoup de selfies et fera des heureux à court terme. Le programme «C’est le temps de dépenser» créera des défis financiers majeurs au N.-B. ainsi qu’aux municipalités qui devront emprunter pour participer. La province n’a pas la flexibilité du fédéral d’aller chercher de nouvelles sources de revenus, mais sera entraînée dans cette vague de dépenses. D’après John Ibbitson du Globe and Mail, c’est la première fois depuis 1971 qu’un gouvernement fédéral passe d’un budget équilibré à un déficit alors qu’il n’y a pas de récession.

Il fallait s’y attendre, Radio-Canada et CBC ont reçu une augmentation de 675 M$ à leur budget, une façon selon moi de les remercier pour leur soutien durant la dernière campagne électorale. Je prévois aussi que la couverture médiatique du premier ministre Trudeau sera très positive. Tel que promis, le programme d’assurance-emploi sera amélioré alors que les bénéfices seront augmentés et les primes seront réduites. Est-ce que ce sera soutenable?

Ce budget fédéral ramène le parti NPD au centre de l’idéologie politique alors que les libéraux sont beaucoup plus à gauche. Le gouvernement a décidé de remplacer les entreprises comme moteur économique du Canada. C’est le genre de gouvernance qui a mené plusieurs pays à la faillite et où la population a perdu ses programmes sociaux. Le premier ministre Trudeau, tout comme Donald Trump aux États-Unis, sait ce que la population veut entendre et il l’utilise au maximum. Il semble que M. Trudeau a compris que la population du Canada, qui a un taux d’endettement personnel jamais vu, est prête pour son message que «C’est le temps de dépenser».

Il faudra attendre les détails des crédits budgétaires pour comprendre ce qui n’a pas été dit. Les détails du budget sont ordinairement moins populaires que le dépôt du budget.

Je prévois que le déficit à la fin de l’année sera un peu moins élevé que prévu et transmis à la population comme une réduction de la dette prévue, résultat d’une saine gestion… ET UN SUCCÈS.

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