François Robert dit LeBreton

tableau-lebretonComme plusieurs des pionniers de la baie des Chaleurs, les origines de la famille LeBreton demeurent un mystère.

De plus, il y a une certaine confusion quant à l’identité de François Robert dit LeBreton. Le pionnier de Tracadie n’a pas habité la Baie-à-l’indienne au Cap-Breton comme certains l’ont avancé. François LeBreton de St-Léger, décédé à Louisbourg en 1755 (époux de Marie Mordant) ne peut être le même homme (à moins d’être ressuscité). Pas plus que son beau-frère François Priou de Lanvallay en Bretagne, qui est décédé à Saint-Servant en 1746, comme son épouse (les deux Marie Mordant étaient soeurs).

On ne connaît pas la date d’arrivée de François Robert dit LeBreton en Gaspésie, mais il s’y est installé avant la fin des années 1750. Il fait sans doute partie des marins pêcheurs qui fréquentent nos côtes. Un examen des rôles des navires de Granville (migrations.fr) n’a pas permis d’identifier de candidats adéquats parmi plus d’une douzaine de François Robert ou François Lebreton qui naviguent.

Avec tous ces candidats, même inadéquats, Stephen White souligne qu’il est toujours possible qu’il y ait eu deux pionniers qui soient venus sur nos côtes. Nous supposons, en attendant, que ce soit bien la même personne.

François Robert semble d’abord établi à la Malbaie près de Percé, où il aurait épousé sa première femme Louise Boudot, une métisse de l’endroit. Après le décès de celle-ci, il doit quitter la Malbaie après les attaques de Wolfe (1758) vers Restigouche. On le retrouve à Népisiguit au recensement 1761, avec une femme (sa nouvelle épouse Thérèse Boissel) et quatre enfants (2 fils et 2 filles).

La famille se rétablit à Percé dans les années 1770, puis à L’Anse-aux-Griffons (selon Placide Gaudet) au nord de Gaspé quelques années plus tard.

Vers 1783, la famille se transporte à Baie-Verte dans le Sud-Est du N.-B. (toujours selon Gaudet), avant de s’installer définitivement à Tracadie en 1784.

La première épouse de François Robert a aussi été l’objet d’une certaine confusion. Certains ont cru que c’était la veuve d’Aubain LeCouffle. Cette interprétation semble improbable, car la veuve ne s’est jamais remariée. À sa sépulture en 1795, elle est toujours dite «veuve de feu Aubin Lecouffe», plus de 35 ans après le décès de son mari. Mais on ne peut pas écarter la possibilité que cette Louise ait eu un enfant hors mariage avec François Robert. À son mariage, les parents d’Amable ne sont pas précisés comme étant mariés.

On croit plutôt que la première épouse de François Robert doit être une nièce de la veuve d’Aubin LeCouffe. Cette interprétation suppose qu’elle soit la fille du métis Jean Boudot et de son épouse présumée amérindienne, dont on ignore le nom. Cette dernière est citée «Veuve Jean Boudeaux» au recensement de Du Calvet de 1761, à Saint-Jean (Percé).

Selon Roger Guitard de Laplante, René LeBreton serait le fils de Louise Boudot, et non du deuxième lit avec Thérèse Boissel comme plusieurs l’ont cru.

C’est une dispense du 4e degré de consanguinité au mariage de sa petite-fille, Geneviève (à René Lebreton) qui semble l’indiquer. La dispense est nécessaire lors de son mariage à Charles (à François) Gionet, arrière-petit-fils de Gabriel Giraud dit Saint-Jean (marié à une Métisse ou Amérindienne). Comme on ne connaît pas de parenté entre François Robert et François Gionet ou Pierre LeVicaire pour expliquer la parenté indiquée, la dispense nous porte à croire que le lien de sang pourrait provenir de l’épouse de Jean Boudot, qui est peut-être, par exemple, une sœur de l’épouse de Gabriel Giraud de Caraquet, une autre Amérindienne ou Métisse dont on ignore le nom. Il faut cependant garder une certaine réserve, car il y a certaines erreurs dans les dispenses concernant cette famille, en plus d’autres incertitudes à cause des sources lacunaires dans la région.

La famille Boudot, que j’ai aussi mentionnée dans la chronique sur les LeCouffe, s’est établie en Gaspésie dans les années 1710. Elle est issue d’un Européen et d’une Amérindienne (selon les analyses ADN effectuées par Denis Jean de Patapédia). Le prénom du pionnier Boudot nous échappe toujours.

De ce lit, naquirent un garçon né vers 1754 probablement décédé jeune (après le Rc 1761), Amable Louise née vers 1756 (m George Deshmar) et René (parfois nommé François) né vers 1757 (m Anne Hébert). Louise Boudot (la jeune) décède vers 1757 ou 1758.

Vers 1759, François épouse Marie Thérèse Boissel, native de Québec (14 mars 1739), fille de Antoine Boissel et Madeleine Laroche dit Lafontaine. Ce couple donnera naissance à 8 enfants. Marie Josephe née vers 1760 (m Édouard Synnett), Anne née vers 1767 (m Pierre Gionet), Charlotte née vers 1768 (m Prosper Losier), Charles François dit Charlot né le 12 juin 1769 Népisiguit (m Marguerite Gionet), Julien né vers 1770 (m Madeleine Gionet), Brigitte (m Michael McGrath), Marie Anne née vers 1775 (m Charles McLaughlin), Joseph dit Jean-Baptiste né le 25 avril 1777 à Percé (m Anne Drysdale).
Références:

Roger Guitard (Laplante), François Robert dit Lebreton: connaissons-nous ses origines?, La Voix du Passé, vol. 6, no 2, octobre 2004.

Stephen White (communications personelles, 23 mars 2016).

 

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