Personnalité de la semaine: Gisèle Breau

 

Travailleuse sociale de formation, Gisèle Breau est une femme engagée dans sa communauté de Shippagan. En plus d’être directrice générale du Foyer le Gouvernail, qui vient en aide aux jeunes dans le besoin, elle a fondé la Maison TED il y a près d’une décennie pour appuyer les jeunes touchés par un trouble du spectre de l’autisme. C’est l’un des seuls établissements du genre au Nouveau-Brunswick. L’organisme a été établi peu après l’arrivée d’un jeune autiste au Foyer le Gouvernail en 2004. Les services n’étaient pas adaptés à ses besoins. Mme Breau est aussi présidente du conseil d’administration du Centre d’excellence en autisme de la Péninsule acadienne. En ce mois de l’autisme, Gisèle Breau est la Personnalité Radio-Canada/Acadie Nouvelle pour la semaine du 11 avril.

 

Qui fréquente la Maison TED et quels services sont offerts?

À la Maison TED, il faut que l’enfant ait reçu un diagnostic pour un trouble du spectre de l’autisme. La maison est pour les jeunes âgés de 0 à 18 ans. Le plus jeune en ce moment a 8 ans et le plus vieux a 18 ans, donc ça varie. Il y a de la place pour quatre jeunes, mais la maison est pleine actuellement. Je suis en train de travailler sur un projet pour l’agrandir. Le besoin est là.
Avant l’arrivée de ce jeune autiste au Foyer Le Gouvernail, qu’est-ce que vous connaissiez des troubles du spectre de l’autisme?

Personnellement, je suis travailleuse sociale de formation, donc j’avais souvent entendu parler de l’autisme, mais c’était la première fois que j’étais en contact avec un jeune autiste. À la suite de ça, je me suis dit qu’il fallait que je me spécialise, donc je suis allé chercher un certificat en supervision clinique de l’autisme parce que c’était important pour moi d’avoir les outils pour guider mes employés.

Qu’est-ce qui distinguait ce jeune par rapport aux autres dans le Foyer Le Gouvernail?

Il avait de la difficulté à entrer en relation avec ses pairs. Il s’isolait souvent. Il semblait réagir sévèrement à des stimuli qu’on ne pouvait détecter. Ça menait à des comportements comme des balancements sévères et des cris. C’était difficile parce que les autres jeunes ne le comprenaient pas. Ils avaient tendance à le trouver différent et bien souvent, malheureusement, la différence éloigne. C’est pour ça qu’on a réagi rapidement. Il fallait lui offrir autre chose pour l’aider à développer son autonomie.

 

Est-ce que le ministère du Développement social en fait assez? Est-ce qu’il pourrait en faire davantage pour soutenir les personnes autistes?

Dans la région de Shippagan, on est choyé parce qu’on reçoit l’appui du ministère du Développement social qui finance la Maison TED. On reçoit une subvention pour le Centre d’excellence en autisme. Ce n’est pas assez pour le centre, donc on va voir la communauté qui nous aide énormément. Je n’en reviens pas. Dans la Péninsule acadienne, lorsqu’on approche des entreprises pour de l’aide, on nous dit toujours oui. Leur aide est essentielle. Ce qui manque dans la province par contre ce sont des centres adaptés pour les enfants. Il y en a un et il est à Shippagan.

 

Est-ce que l’attitude envers les personnes avec un trouble du spectre de l’autisme évolue?

Je crois que ça s’améliore parce qu’on en parle plus. On entend plus les parents prendre la parole. Il reste cependant de l’incompréhension parce que l’autisme ne se détecte pas à l’oeil. Ça peut arriver qu’un parent sorte dans un endroit public avec son enfant, l’enfant réagit à un stimulus. Les gens ne s’arrêtent pas normalement pour se dire que l’enfant a sans doute une condition particulière, ils vont penser qu’il est mal élevé.

 

Qu’est-ce qui arrive aux jeunes de la Maison TED lorsqu’ils atteignent l’âge de la majorité?

Si la famille a la capacité de reprendre leur enfant, on souhaite que son encadrement lui permette d’intégrer un milieu de travail. En ce moment, on travaille fort pour aider un jeune dans son stage coop. L’employeur est très satisfait de lui. On espère qu’après son stage, l’employeur pourra l’embaucher. Ensuite, il sera possible pour la famille de le reprendre à la maison parce qu’il a fait des progrès remarquables. Pour les familles où ce n’est pas possible, parce que le cas est trop sévère, le parent doit prendre une décision. Est-ce qu’il l’envoie dans une résidence pour adultes ou une résidence spécialisée? Mais si elle est pleine, qu’est-ce qu’il fait? La majorité des jeunes qui sont sortis de notre résidence ont été dirigés vers des résidences pour adultes, mais elles ne sont pas nécessairement adaptées pour eux.

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