«La mort n’est peut-être qu’un changement de place.» – Marc Aurèle, empereur et philosophe

Il y a de ces personnes qui touchent profondément nos vies. Antonia (Tony) Olive Barry a béni la mienne comme elle l’a fait pour des milliers de femmes et d’hommes engagés dans le parti libéral. Née Antonia Ferlatte à Dalhousie en 1924, elle y demeura et y fit ses études jusqu’au début des années 1940.

Surnommée la «mère supérieure» du Parti libéral, elle a participé à l’organisation de centaines de congrès, de campagnes électorales et de rencontres de femmes libérales entre 1954 et 2015. C’est à elle qu’on avait recours si on cherchait de l’information sur tel ou tel membre du parti. Et c’est elle qui mettait son pied à terre lorsque quelqu’un devait le faire.

Dévouée à sa famille «naturelle», elle en avait vraiment deux. Certains disaient même qu’elle avait deux religions, tellement sa foi dans le parti rivalisait celle qu’elle avait en Dieu. Tout parti politique compte sur des partisans qui donnent sans compter, mais Tony Barry était une personne exceptionnelle.

Elle a travaillé avec six premiers ministres canadiens, six premiers ministres provinciaux et dix-sept chefs libéraux provinciaux. Même après sa retraite, Tony a tout simplement continué à se rendre à son bureau chaque jour aussi longtemps que la santé lui a permis de le faire. Elle a assisté à la biennale du parti à Fredericton en novembre 2015, quelques mois avant sa mort à 91 ans.

Pour quiconque aspirait à une carrière politique libérale, il était indispensable d’avoir sa photo avec Tony. Elle a joué un rôle de premier plan en tant que mentore et conseillère. Pendant plusieurs décennies, elle a aussi été une source d’inspiration pour les femmes qu’elle encourageait fortement à s’impliquer en politique, ce qui a inspiré la création du Fonds Tony Barry.

L’édifice dans lequel loge l’Association libérale du Nouveau-Brunswick porte le nom de «Maison Tony Barry» en reconnaissance de son dévouement et de son engagement. C’est tout à fait approprié qu’il ait déjà servi de résidence à Louis J. Robichaud.

Le bureau de Tony n’a pas changé depuis son départ; il reste rempli de photos, de souvenirs et d’une grande collection de macarons politiques. Il est un témoignage de sa passion pour la politique et il deviendra sûrement un lieu de pèlerinage. C’est une Acadienne qui, largement dans l’ombre et contre vents et marées, a aidé à défricher le chemin pour les femmes en politique.

C’était aussi une femme qui avait tant d’anecdotes qu’elle aimait raconter. Surtout, elle avait des anecdotes qu’il valait mieux qu’elle ne raconte pas! Tony Barry a maintenant changé de place et le ciel est donc… un peu plus rouge.

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