Je sais, ce n’est pas la première fois que le sujet vient sur la table. Je sais, ce n’est pas une nouvelle chronique là-dessus qui va faire changer les choses. Je sais, Gilles Courteau ne voudra jamais le faire de son règne de commissaire, qui commence d’ailleurs à être presqu’aussi long que celui de la reine Élizabeth II. Mais je me lance quand même: quand la Ligue de hockey junior majeur du Québec changera-t-elle enfin de nom?

Pourquoi le ferait-elle, me dites-vous? Simplement pour mieux refléter sa réalité géographique, autant du côté des villes du circuit que chez celui des joueurs provenant des Maritimes, de plus en plus nombreux à utiliser ce tremplin vers leur objectif d’atteindre la Ligue nationale de hockey.

Évidemment, vous direz que nous prêchons pour notre paroisse. Je vous réponds sans hésiter: oui, nous prêchons pour notre paroisse.

Parce que nous avons six des 18 équipes du circuit – le tiers! – qui ont pignon sur rue au Nouveau-Brunswick (Acadie-Bathurst, Moncton et Saint-Jean), en Nouvelle-Écosse (Halifax et Cap-Breton) et à l’Île-du-Prince-Édouard (Charlottetown). Nous avons même assez d’équipes pour créer une division complète des Maritimes!

Parce qu’actuellement, dans ce deuxième tour des séries éliminatoires, nous avons quatre des huit formations encore en lice – Moncton, Saint-Jean, Charlottetown et Cap-Breton – pour l’obtention de la Coupe du Président qui proviennent de l’extérieur des frontières québécoises. Sans oublier ces championnats des séries récemment obtenus par le Titan d’Acadie-Bathurst (1999), les Wildcats de Moncton (2006 et 2010), les Mooseheads d’Halifax (2013) ou encore les Sea Dogs de Saint-Jean (2011 et 2012). Et ces deux coupes Memorial gagnées par les Sea Dogs en 2011 et les Mooseheads en 2013.

Parce que, depuis quelques années, le nombre de joueurs provenant de nos quatre provinces de l’Atlantique ne cesse de grimper au sein des formations. Et des bons à part ça: rappelez-vous d’un certain Sidney Crosby, de Cole Harbour en Nouvelle-Écosse, chez l’Océanic de Rimouski. Ou d’un Nathan MacKinnon, venant du même endroit, chez les Mooseheads d’Halifax. Ou du défunt Luc Bourdon, à qui tout le monde prédisait une brillante carrière professionnelle, à Val-d’Or. Ou de Justin Haché, de Petit-Rocher, gagnant de la coupe Memorial avec les Cataractes de Shawinigan. Ou encore présentement d’un Philippe Myers, ce brillant défenseur de Dieppe, dans l’uniforme des puissants Huskies de Rouyn-Noranda.

Et on pourrait continuer encore longtemps…

À cela nous devons également ajouter ces joueurs qui viennent parfaire leur talent dans les équipes des Maritimes, à commencer par Connor Garland, le meilleur pointeur du circuit depuis deux ans, à Moncton; Pierre-Luc Dubois, actuellement classé au premier rang des espoirs nord-américains au prochain repêchage de la LNH, à Cap-Breton; à Vladimir Kuznetsov et à Antoine Morand, probablement la prochaine vedette offensive de la ligue, à Acadie-Bathurst; à Mason MacDonald à Charlottetown; à l’exceptionnel Joe Veleno à Saint-Jean et ainsi de suite.

L’expansion du circuit Courteau dans les Maritimes a été bon pour le hockey. Très bon, même. Il est si loin l’époque des minables Alpines de Moncton, au milieu des années 1990, tentative pour le moins difficile d’implanter le calibre junior majeur hors de la Belle Province. Ni celle tout aussi infructueuse de Halifax et de Plattsburgh. La ligue a pu développer un territoire presque vierge et étendre ses tentacules dans toutes les provinces.

Je sais, ce n’est pas la première fois que nous soulevons ce point. Mon collègue François Gravel avait même écrit un éditorial là-dessus. C’était il y a dix ans, l’année où les Wildcats se dirigeaient vers une Coupe du Président et qu’ils risquaient – ô sacrilège dans les bureaux montréalais de la LHJMQ! – de se mesurer au Titan en finale.

«L’émergence de deux puissances néo-brunswickoises et la possibilité qu’elles s’affrontent en finale démontrent une nouvelle fois l’absurdité du fait que la ligue de hockey dans laquelle elles évoluent porte le nom de Québec. En ce moment, la moitié des 16 équipes de LHJMQ (NDLR: il y avait les Fog Devils de St. John’s et les MAINEiacs de Lewiston à cette époque) évoluent à l’extérieur du Québec (dont trois au N.-B.). Il y a au moins une équipe de hockey de cette ligue dans chacune des quatre provinces de l’Atlantique, ainsi qu’au Maine. Un nombre toujours grandissant de futures vedettes du circuit voient le jour à l’extérieur de la Belle Province. Il existe une Ligue de hockey de l’Ontario, ainsi qu’une Ligue de hockey de l’Ouest. À quand la Ligue de hockey junior de l’Est?»

Sans vouloir lancer une guerre de mots avec nos gentils voisins, continuer d’utiliser le nom «Québec» dans un circuit de hockey qui siphonne autant le talent sur la glace que l’argent des amateurs des provinces maritimes est devenu obsolète. Sinon assez irritant. En tous cas, c’est un brin insultant.

En clair, nous faisons très bien vivre la LHJMQ. Pourquoi donc ne pas reconnaître cette contribution des Maritimes à ce circuit en modifiant seulement la finale de son appellation? Ne trouvez-vous pas que «Ligue de hockey junior majeur de l’Est» sonnerait bien?

Pourquoi, M. Courteau, ne poseriez-vous un geste sensé?

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