Alimentation et autisme: huit trucs à connaître

Cette chronique ne remplace en aucun cas l’opinion de votre médecin ou d’un(e) autre spécialiste de la santé. Au contraire, elle représente une source d’information générale pour vous aider à mieux comprendre les défis alimentaires chez l’enfant autiste. La semaine dernière, nous avons vu que l’hypersensibilité et l’hyposensibilité pouvaient causer certaines difficultés à l’heure des repas. Aujourd’hui, je vous propose huit trucs qui pourraient favoriser une saine alimentation et une ambiance un peu plus paisible à table.

1. Notez vos observations

La mémoire est une faculté qui oublie, alors avant de modifier la routine alimentaire de votre enfant, munissez-vous d’un carnet de notes dans lequel vous inscrirez toutes vos observations:

• Y a-t-il certains aliments qui le font réagir positivement ou négativement?

• Remarquez-vous un changement de comportement lorsqu’il doit manger certains types d’aliments: colorés, texturés, salés, etc.?

• Est-il plus distrait en présence de certaines personnes ou de certains bruits?

Préfère-t-il consommer ses aliments dans des plats ou avec des ustensiles particuliers?

• A-t-il plus tendance à refuser ses aliments le matin, l’après-midi ou le soir?

• Avec le temps, ces exemples d’observations vous permettront de dresser un bilan de ses moments d’aise et de ses défis alimentaires.

2. Faites-le participer

• Invitez votre enfant à cuisiner avec vous. Puisque vous connaissez bien ses limites, proposez-lui uniquement des tâches qu’il réussit bien: sortir le lait du réfrigérateur, mesurer la farine, etc.

• Durant la saison des récoltes, profitez de sa bonne humeur pour l’emmener faire un tour chez un jardinier de votre région; s’il y a l’autocueillette, permettez-lui de cueillir lui-même ses fruits ou ses légumes. Le fait de les avoir cueillis lui-même pourrait l’aider à mieux les apprécier.

3. Favorisez une belle ambiance

• Pour l’aider à mieux accepter sa nourriture, misez sur les choses qu’il aime: musique douce, asseoir son toutou préféré près de lui, etc.

• S’il est en crise, reportez à plus tard l’introduction d’un nouvel aliment. Laissez-lui le temps de se calmer et de retrouver sa bonne humeur avant de lui offrir de l’inconnu.

• S’il est hypersensible aux fortes odeurs, cuisez l’aliment en question dans une autre pièce à l’aide d’un cuiseur à vapeur ou cuisez-le à l’extérieur sur le barbecue. Si cela n’est pas possible, profitez de l’absence de votre enfant pour cuisiner de grandes portions des aliments qui lui posent problème, puis congelez-les.

4. Misez sur différents types de cuisson

• Pour favoriser une cuisson uniforme des aliments (par exemple les légumes), coupez tous les morceaux de la même grosseur. Autrement, certains morceaux risquent d’être plus croustillants ou tendres que d’autres.

• Si votre enfant semble importuné par un type de cuisson particulier, essayez-en un autre: grillade, en boulettes ou en papillote, cuisson au four, à la vapeur, etc.

5. Misez sur la variété

Pour éviter que l’enfant se lasse d’un aliment et qu’il le refuse à tout jamais, offrez-le-lui de différentes façons. La carotte peut être offerte râpée, en bâtonnets, en rubans, ajoutée aux préparations à muffins, etc.

6. Usez d’astuces et camouflez certains aliments

• En temps normal, mieux vaut introduire l’aliment sous sa forme naturelle. Par contre, si l’enfant refuse de consommer un groupe d’aliments particuliers, réduisez-les en purée et camouflez-les dans ses aliments préférés : macaronis, soupes, muffins, biscuits, en smoothie, etc.

• Offrez-lui les aliments qu’il accepte moins en les nappant bien de sa sauce préférée, ou en les accompagnant d’un autre aliment qu’il aime beaucoup.

7. Optez pour le chaud ou le froid

Le «tiède» peut créer de la confusion chez l’enfant. Offrez-lui donc ses aliments à leur température habituelle. Par exemple, servez la soupe et le gruau chauds, mais le yogourt et le fromage froids.

8. Faites preuve de patience et de persévérance

• Ne baissez pas les bras si l’enfant refuse l’aliment dès le premier essai. Revenez à la charge quelques jours plus tard et notez son comportement dans votre carnet.

• Peu importe l’aliment, commencez par le lui présenter dans un petit bol à côté de son assiette. S’il refuse de le manger, vous n’aurez qu’à retirer le bol plutôt que l’assiette contenant son repas principal.

• Asseyez-vous avec lui et montrez-lui que c’est bon. Il risque de vouloir vous imiter! Si vous croyez que l’occasion est bonne, prenez un morceau d’aliment, goûtez-le et dites-lui comme c’est juteux, sucré, salé, croustillant, etc.

• S’il refuse de manger certains aliments, ajoutez-en de tout petits morceaux dans sa soupe préférée et offrez-les-lui quand il a vraiment faim et qu’il est de bonne humeur.

On dit souvent qu’il y a autant de formes d’autisme que d’enfants autistes. Ne vous étonnez donc pas si certains trucs ne fonctionnent pas ou ne fonctionnent que certains jours. Si tel est le cas, tentez de modifier un peu la technique. Variez le type de cuisson, la présentation de l’aliment (râpé, en ruban, etc.) et voyez s’il accepte mieux certains changements. Bon courage et à la prochaine!

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