L’ancêtre de la famille Savoie, François, serait arrivé en Acadie dans les années 1640. La date exacte de son arrivée nous est inconnue.

Il y a longtemps, on a proposé que François Savoie puisse être originaire de Martaizé, mais cette hypothèse n’a toujours pas été démontrée. Cela demeure une supposition. En fait, nous ignorons toujours le lieu d’origine de la famille Savoie.

Sur le web, il y a plusieurs généalogies fantaisistes qui rattachent la famille acadienne à la maison de Savoie devenue royale, mais aucune source primaire ne permet un tel rapprochement.

Comme pour plusieurs familles dans la même situation, il y a toujours de l’espoir du côté de la généalogie génétique. Des correspondances patronymiques pourraient éventuellement nous donner des nouvelles pistes de recherche. Il faut cependant attendre que cette science gagne en popularité chez nos cousins français, à défaut d’autres surprises archivistiques.

François Savoie est sans doute venu en Acadie comme engagé, selon les contrats habituels de trois ans. Au terme de son contrat, il fonde un foyer à Port-Royal avec Catherine Lejeune vers 1651.

Comme pour plusieurs autres familles, la première mention dans les documents provient du recensement de Port-Royal de 1671. Le pionnier déclare alors être laboureur âgé de 50 ans. Il détient quatre bêtes à cornes, et cultive six arpents de terre. C’est une ferme relativement modeste après 20 ans de labeur. Peut-être exerçait-il un autre métier?

Ce recensement donne par ailleurs un portrait complet de la famille, car le dernier de neuf enfants connus est né l’année précédente. L’ancêtre semble être décédé avant le recensement de 1686.

Seul un fils de François, Germain Savoie, marié à Marie Breau vers 1678, aura des garçons pour propager le nom jusqu’à nos jours en Acadie.

La plupart des Savoie du Nouveau-Brunswick descendent de Germain à Germain à François Savoie.

Catherine Lejeune

J’ai présenté le mois dernier la reconstitution de la famille Lejeune, selon André-Carl Vachon. Stephen White, du Centre d’études acadiennes, tenait à rappeler que dans les faits, on en connaît toujours très peu à leur sujet.

Cette interprétation est la dernière qui s’ajoute à une longue liste. Elles sont toutes basées sur des suppositions souvent superposées, qui peuvent toujours s’avérer être fausses.

On sait par contre que Edmée (épouse de François Gauterot) et Catherine Lejeune étaient sœurs. Si je citais l’ADN comme preuve, elle ne fait que confirmer ce qu’avait déjà démontré le père Archange Godbout il y a longtemps, par des analyses des dispenses de consanguinité chez leurs descendants.

L’ADN nous a cependant permis d’apprendre qu’elles n’étaient pas les filles d’une Amérindienne comme d’autres l’ont avancé. Si elles sont Françaises, on ne sait pas si elles sont originaires de Brie comme Pierre Lejeune, puisqu’on ne leur connaît pas de parenté.

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Comme à l’habitude, les noms en majuscules dans le tableau ci-contre sont aussi des ancêtres de l’auteur de cette chronique.

Racines acadiennes fera relâche la semaine prochaine.
Source: Stephen White, Dictionnaire généalogique des familles acadiennes, 1999.

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