C’est une première dans l’histoire de l’Église: un jubilé de la miséricorde qui a commencé le 8 décembre et qui se poursuit jusqu’en novembre. Le pape François a voulu cette année sainte pour redécouvrir que Dieu ne peut que donner son amour.

L’amour miséricordieux est une réalité divine dont le monde a besoin pour ne pas sombrer dans la désespérance. Elle doit prendre forme dans la vie du monde. «La miséricorde de Dieu n’est pas une idée abstraite, mais une réalité concrète à travers laquelle Il révèle son amour comme celui d’un père et d’une manière qui se laisse émouvoir.» (de la bulle Le visage de la miséricorde du pape François).

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Qu’est-ce que la miséricorde? J’ai essayé de répondre à la question puisque plusieurs me l’ont posée depuis le début de l’année. Voici quelques réponses qui n’épuisent pas les réponses, mais qui ouvrent des chemins.

La miséricorde est une forme d’amour qui ne vient pas spontanément, comme celle qui jaillit dans un cœur en présence de son amoureux ou de son enfant. C’est plutôt un amour exigeant qui nous pousse vers ce que nous avons tendance à rejeter ou mépriser: ce qu’il y a de petit, de faible et de vulnérable autour de nous, mais aussi en nous. En acceptant d’aimer ce que nous méprisons ou rejetons, nous faisons œuvre de miséricorde.

La miséricorde, c’est avoir son cœur là où se trouvent les pauvres. À l’opposé d’être un signe de faiblesse, la miséricorde exprime la sagesse d’une personne. Tout comme elle est l’expression de la toute-puissance de Dieu. C’est lorsque Dieu patiente et prend pitié qu’Il donne la preuve de sa puissance.

La miséricorde n’est pas une idée abstraite. Elle se vérifie dans l’action quotidienne: elle suscite une attention constante à tout ce qui se passe pour agir avec amour. Cet amour atteint sa perfection dans le pardon qui est «le moyen déposé dans nos mains fragiles pour atteindre la paix du cœur. Se défaire de la rancœur, de la colère, de la violence et de la vengeance, est la condition nécessaire pour vivre heureux» (Misericordiae Vultus, no 9).

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Dans l’évangile, le Bon Samaritain est un modèle qui a fait preuve de miséricorde en soignant le passant blessé. Le pape François va plus loin en élargissant le spectre des œuvres de miséricorde. Il distingue entre les œuvres de miséricorde corporelle (donner à manger, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, etc.) et les œuvres de miséricorde spirituelle (conseiller, pardonner, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, prier, etc.). La vie chrétienne doit exprimer le primat de la miséricorde comme Jésus lui-même l’a fait.

La miséricorde est d’abord à accueillir pour soi. Dans son amour pour chacun, Dieu se penche pour soutenir, consoler et aimer. De nombreuses paraboles racontées par Jésus montrent la joie du Père lorsqu’Il retrouve la brebis perdue, accueille le fils prodigue, pardonne aux serviteurs ingrats.

C’est parce que Dieu fait preuve de miséricorde qu’elle est commandée au monde. La miséricorde n’est pas seulement l’affaire du Père. Le thème retenu pour cette année découle de cette conviction: «Miséricordieux comme le Père».

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