J’ai eu l’honneur de prononcer une conférence lors de l’Assemblée annuelle de la Société historique Machault à Campbellton, dimanche.

Le sujet principal de ma conférence traitait de la famille McIntyre, établie à la Rivière à l’Anguille (Charlo) à la fin du 18e siècle, dont j’ai déjà parlé dans ces pages et de ses origines en Écosse.

À la fin de ma présentation, une question pertinente de Lilianne Landry de Charlo m’a quelque peu déstabilisé.

Selon ma reconstitution de la famille de Neil McIntyre et de Marguerite McKenzie, il me paraissait évident que Jean-Baptiste McIntyre (parfois John) était bien leur fils, malgré le fait qu’il nomme ses parents Édouard et Brigitte McKenzie à son mariage à Carleton en janvier 1797 à Reine Bergeron.

Il faut rappeler que Neil McIntyre masque son identité quand il vient s’installer avec sa famille dans la Baie-des-Chaleurs en 1798, et ce, jusqu’à son décès en 1815, ce qui a longtemps causé des maux de tête aux généalogistes.

Mme Landry me demandait s’il y avait un document particulier pour prouver que Jean était bien le fils de Neil ou si un «Jean fils d’Édouard» aurait pu s’installer de façon indépendante dans la région directement d’Écosse.

Je dois avouer, j’ai été pris de court. La question est pertinente, puisque c’est Jean-Baptiste qui a perpétué le nom dans le Restigouche. Pendant le passage de la famille à l’île Saint-Jean et au Québec, il n’y a aucune mention du jeune garçon pour l’associer à cette famille. Et dans mes articles sur le sujet, je n’ai jamais apporté de preuve directe que l’époux de Reine d’Amboise Bergeron faisait bien partie de cette fratrie.

Il y a bien une mention de Jean McIntyre en compagnie d’Alexandre comme frères de Marie McIntyre à son mariage avec Joseph Laviolette, mais peut-on prouver que c’est le même homme?

Je me suis donc replongé dans les registres de Charlo, qui débutent en 1853, à la recherche de dispenses de consanguinité qui peuvent fournir la preuve manquante.

Défi relevé

Au mariage d’Alexandre McIntyre avec Philomène Porlier, le 18 janvier 1864, le couple a reçu une double dispense de consanguinité, soit une du 3e degré (3-3) et une autre du 4e degré (4-4). Cela signifie qu’ils partagent un couple

d’arrière-grands-parents, et un couple d’arrière-arrière-grands-parents.

Dans ce cas, la dispense qui nous intéresse est celle du 3e degré.

Alexandre McIntyre, né en 1827, est le fils de Alexandre McIntyre et Marie Rose Arsenault, et petit-fils de Jean McIntyre et Reine Bergeron.

Philomène Porlier est la fille de Frédéric Porlier et Marcella Parent et petite-fille de Joseph Parent et Christine McIntyre.

Cette dispense prouve donc que Jean Baptiste McIntyre et Christine McIntyre étaient bien frère et sœur.

La filiation de Christine McIntyre est prouvée grâce à son mariage à Sainte-Marie-de-Beauce le 4 août 1795 à Joseph Parent. On y indique qu’elle est la fille de Neil Macintyre et Marguerite Méquinzy.

Il y a d’autres dispenses qui donnent le même résultat, comme celle du 3e au 4e degré (3-4) au mariage de John McIntyre avec Marie-Anne Porlier le 24 janvier 1877 à Charlo, qui descendent aussi de Jean-Baptiste et Christine McIntyre, respectivement.

La famille Parent viendra s’établir un peu plus tard à Charlo. La pointe qui forme le bout de la terre des McIntyre à l’extrémité Est de Charlo est nommée Pointe-Parent, selon le cadastre de 1851, avant d’être connue comme Goulette Point. Joseph Parent s’établira finalement à Carleton où il décède en 1843, mais les enfants se dispersent des deux côtés de la baie.

Par ailleurs, la dispense du 4e degré au mariage de 1864 est détaillée dans le tableau ci-bas.

* * *

Je dois aussi préciser un passage de ma dernière chronique sur le sujet, où j’indiquais que «presque toute» la famille s’était installée dans la baie des Chaleurs. En fait, ce sont quatre des sept enfants survivants connus qui s’y sont installés.

Parmi eux, Geneviève, Catherine et Honoré resteront définitivement au Québec quand le reste de la famille déménage à Charlo en 1798.

Outre Jean-Baptiste, d’abord installé à Carleton, il n’y a donc que Marie et Alexandre, âgés respectivement de 17 et 14 ans, qui suivent certainement leurs parents en 1798. Ce n’est qu’une vingtaine d’années plus tard que Joseph Parent et Christine McIntyre les rejoignent sur les rives de la baie.

On perd la trace de Lachlan (enfant déduit selon la convention des prénoms écossais), Jacques et Daniel, qui sont probablement tous décédés jeunes.

tableau-mcintyre-2

 

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