«Je suis triste parce que Trump pourrait devenir président, mais content parce que la population du Canada va augmenter.» – Samuel Richard

Le jugement politique de mon petit-fils âgé de 13 ans est encore en développement (certains diront, comme celui de son grand-père). En 2008, sa mère appuyait Hillary, son père Obama tandis que lui préférait John Edwards. Avouez qu’il a quand même évolué (contrairement à son grand-père).

Nous écoutions ensemble mardi soir le discours de concession de Ted Cruz après la confirmation des résultats de la primaire républicaine de l’état de l’Indiana. Samuel ajouta, d’un ton sérieux, avant de monter se coucher, que cela assurait maintenant l’élection d’Hillary Clinton à la présidence des États-Unis. Compte tenu de la dernière année de cabale présidentielle, il ne faudrait pas gager là-dessus.

La politique américaine est un sport extrême. Ça toujours été comme ça mais la décision de la Cour Suprême de 2010 permettant aux entreprises de dépenser sans limites dans des campagnes électorales a ouvert la porte aux surenchères. Depuis, les dons corporatifs fusent et les intérêts corporatifs sont défendus à pelletés de dollars.

L’ironie c’est que dans la course 2016, du côté républicain, les fonds coulaient pour arrêter Trump. Ça n’a pas marché parce que, d’une part, le milliardaire pouvait financer sa propre campagne et, d’autre part, il a su s’attirer l’appui de millions d’électeurs enragés et tannés de l’establishment politique américain et de ses jeux de coulisse.

Cette grogne palpable a aussi permis à un socialiste avoué, Bernie Sanders, de monter un effort impressionnant contre la dynastie Clinton. C’est tout un accomplissement. Il ne gagnera pas l’investiture démocrate, mais son armée de partisans, dont des jeunes indignés, marquera la présidentielle et les prises de position de Clinton d’ici novembre.

Du côté républicain, la campagne a été impitoyable et brutale. Mais mardi a donné lieu aux attaques les plus virulentes de toutes. Trump, fort d’un article paru dans le National Enquirer, a accusé le père de Cruz d’avoir été impliqué dans l’assassinat de John Kennedy. Comme coup bas, celui-là n’en a pas de comparable.

La campagne risque d’être vicieuse et éprouvante d’ici le premier mardi de novembre, quelques jours après l’Halloween. J’espère que Samuel a raison en ce qui concerne le résultat ultime. Sinon, c’est peut-être nous qui devrons construire un mur pour ralentir le flot des «réfugiés» américains vers le Canada.

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