On a de la grande visite à Moncton cette fin de semaine! Plus de 600 personnes œuvrant dans le domaine de l’éducation se réunissent dans un Grand rassemblement de l’éducation en français (GREF). Ces 600 intervenants de partout au Canada sont des enseignants, des directions d’écoles, des élèves, des spécialistes en milieu scolaire et des présentateurs.

Depuis 2010, ce rassemblement vise, entre autres, à briser l’isolement des acteurs du domaine de l’éducation des communautés francophones vivant en milieu minoritaire au Canada. Comme on peut le lire sur le site internet de l’évènement, le rassemblement permet aux participants de se perfectionner et d’approfondir leurs connaissances ainsi que de se tenir au courant des nouvelles tendances et courants en éducation.

La scolarisation de nos enfants dans un contexte minoritaire ajoute un défi supplémentaire que n’a pas nécessairement le groupe majoritaire. Déjà, éduquer un enfant n’est pas une mince tâche. En plus des matières de base et des compétences essentielles, le contexte minoritaire implique qu’il faut tenir compte de la dimension identitaire.

Tous les êtres humains de la planète ont une identité qui se définit tout naturellement au contact des personnes qui les entourent et du milieu dans lequel ils vivent. Lorsqu’un groupe culturel en côtoie un autre qui a un statut majoritaire, il y a une forte attraction du groupe minoritaire vers le groupe de la majorité.

Comme groupe minoritaire, une grande question existentielle se pose alors: veut-on transmettre notre culture à la prochaine génération? Dès qu’on répond oui, c’est à la famille et à l’école qu’incombe la responsabilité de proposer un climat favorable aux enfants pour qu’ils reçoivent la culture en héritage.

C’est dans ce contexte que le GREF a été créé. La francophonie canadienne en dehors du Québec est très étalée de sorte que les liens de proximités sont difficiles à établir. De plus, la francophonie canadienne est aussi très diversifiée.

Par exemple, seulement au Nouveau-Brunswick, les enfants qui vivent à Maisonnette n’ont pas le même vécu que ceux qui vivent à Quispamsis ou à Fredericton. La situation des enfants de Saint-Boniface au Manitoba est aussi différente de la situation de ceux qui vivent à Whitehorse ou à Vancouver. L’idée de «faire société en français» n’a pas la même résonance.

Parfois, des communautés francophones luttent carrément pour ne pas disparaître à cause de diverses pressions démographiques comme le vieillissement, l’exode ou l’assimilation. D’autres fois, ce sont des petites communautés francophones qui se créent en raison de phénomènes démographiques inverses ou parce qu’on souhaite réparer les tords de l’assimilation.

Dans chaque situation, par contre, les parents, les enseignants et les directions d’écoles doivent mettre en place un environnement qui favorise la réussite éducative des élèves et la participation au déploiement d’une identité francophone. C’est là toute la pertinence de la rencontre de cette fin de semaine où les participants pourront partager leurs défis et échanger leurs pratiques gagnantes.

Cette année, le thème est S’unir, s’investir, réussir. Ça adonne bien, la devise de l’Acadie est justement L’union fait la force! Je souhaite donc que nos visiteurs réunis à Moncton puisent, dans les ateliers et conférences, la force nécessaire pour continuer ce grand projet de revitalisation de la francophonie canadienne.

Si l’évènement vous intéresse, vous pouvez utiliser le mot-clic #gref2016 sur le réseau social Twitter. Je suis certain que les participants vont y partager des informations et des liens qui sauront vous intéresser et que vous pourrez suivre en direct.

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