Les effets pervers du dernier budget de Terre-Neuve et Labrador commencent tout juste à se faire sentir. Il convient, à mon sens, de relativiser le sérieux de la situation: la province dispose d’une industrie pétrolière dont elle rêvait à peine quand Clyde Wells entreprit de relever ses finances dans les années 1990, d’une exploitation de nickel au Labrador et de sa raffinerie dernier cri sur l’île de Terre-Neuve et d’un projet hydro-électrique qui assurera bientôt ses besoins en énergie même si, pour l’instant, le mégaprojet pompe surtout les milliards.

Après environ 15 ans de vaches grasses dues à l’explosion du prix du pétrole, la fin des transferts fédéraux et l’essor des excédents budgétaires, Terre-Neuve et Labrador vient de tomber bien bas! Beaucoup de gens disent que nos gouvernements ont gaspillé à tort et à travers durant cette époque de prospérité, moi je pense qu’il y avait tant à faire qu’il était bien difficile de mettre de l’argent de côté. Comment épargner quand le toit fuit, que l’auto ne marche pas et que les enfants ont besoin de chaussures, de livres, d’une visite chez le dentiste? Vous voyez ce que je veux dire.

Par contre, le plus affligeant, est le manque total d’imagination de nos élus, leur amateurisme et l’attitude comptable (et uniquement comptable) du gouvernement. L’exemple le plus frappant (et celui qui semble avoir suscité la rage de la population) est la fermeture de plus de 50 bibliothèques, dont toutes celles de la péninsule de Port-au-Port, où l’illettrisme fait pourtant rage depuis des décennies. Quelle meilleure manière d’enfoncer une population déjà bien affaiblie qu’en augmentant ses impôts, ses taxes, ses services et en la privant, en plus, de sa culture et de toute possibilité d’amélioration personnelle ou collective, d’espoir en quelque sorte?

Que cela serve de leçon à ceux et celles qui nous gouvernent dans la région atlantique : quand l’argent vient à manquer ce qui reste de plus précieux, ce sont les idées! Des idées pour sortir du trou, des idées pour avancer, donner de l’espoir aux plus démunis comme aux investisseurs potentiels et, ce faisant, créer de la richesse financière et humaine. Compter ses sous à la Picsou, ce n’est pas gouverner.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle