Autant Guillaume Brisebois que le Titan d’Acadie-Bathurst ne sortiront gagnants de ce différend qui risque fort d’envoyer le capitaine des Vikings du Nord sous d’autres cieux d’ici au repêchage de la LHJMQ, au début de juin, à Charlottetown. C’est clairement une situation «perdante-perdante».

D’abord pour le défenseur âgé de 18 ans, c’est probablement ce qui pouvait arriver de pire dans sa carrière.

Ce n’est pas seulement le fait de demander une transaction qui va nuire à sa réputation, mais c’est surtout le fait que cette demande a été rendue publique par l’entremise d’un twitt d’un journaliste québécois.

S’il considère qu’il pourrait progresser ailleurs, Brisebois a pleinement le droit de demander au Titan d’évoluer dans un autre uniforme en 2016-2017. Il n’est pas le premier à le faire et il ne sera pas le dernier, je vous en passe un papier.

Sauf que normalement, ce genre d’entente se fait derrière des portes closes, à l’abri d’oreilles indiscrètes, pour des raisons bien évidentes: le joueur en question ne veut surtout pas passer pour un «cas difficile» à gérer et la formation qu’il veut quitter tentera d’obtenir le maximum en retour en «prenant l’initiative» de le mettre sur le marché.

Mais là, le mal est fait et on se questionne maintenant sur les véritables intérêts du jeune homme à travers cette démarche.

Guillaume Brisebois était-il si malheureux que ça à Bathurst, malgré tous les égards – et ils ont été nombreux, selon le DG Sylvain Couturier – que l’équipe lui a consentis depuis son arrivée avec une des meilleures pensions , du temps de jeu de qualité et en quantité tout comme un rôle de meneur avec le «C» sur son chandail?

Des égards qui, soyons justes à l’endroit de l’organisation du Titan, auront notamment permis au défenseur de prendre part à plusieurs tournois et événements internationaux comme le Défi mondial des moins de 17 ans avec Équipe Québec, le Tournoi Ivan-Hlinka des moins de 18 ans en 2014 où le Canada a ramené l’or ainsi qu’aux deux dernières présentations de la Série Subway entre des étoiles de la LHJMQ et la formation junior russe.

Des égards qui ont fait en sorte que Brisebois a su se faire remarquer, au point qu’il a été un choix de troisième ronde des Canucks de Vancouver en 2015 et qu’il a ensuite signé son premier contrat professionnel avec cette formation quelques mois plus tard.

Le Titan a rempli sa part du contrat dans ce dossier, aucun doute là-dessus. Et compte tenu de ces circonstances, il serait facile de dire – et de critiquer par le fait même le clan Brisebois – que le jeune homme a eu «tout rôti dans le bec» depuis son arrivée à Bathurst, qu’il se plaint la bouche pleine et qu’il montre très peu de gratitude à l’endroit d’une organisation qui s’est fort bien comportée dans les circonstances.

En bref, ce genre de joueur capricieux que les équipes ne veulent même pas toucher, même avec une perche de 200 pieds.

Mais, à la lecture des nombreux commentaires suscités depuis la divulgation de cette histoire dans nos pages, quelque chose me dit que la vérité qui a mené à cet éventuel divorce doit certainement être un peu plus complexe que ça.

Dans le clan Brisebois, on doit fulminer intérieurement du fait que cette demande d’une transaction soit maintenant chose publique. D’ailleurs, autant le jeune défenseur que son agent Allain Roy ont tenté d’éteindre les feux en mentionnant qu’ils avaient été heureux à Bathurst et que le capitaine n’avait que des amis dans le vestiaire. Même que du côté du Titan, Sylvain Couturier a même laissé une porte entr’ouverte pour un éventuel retour du no 55 dans l’uniforme de l’équipe en septembre.

Mais d’où vient alors cette fuite? Du clan Brisebois? C’était assurément la plus mauvaise des décisions de leur part, si c’est le cas. Du Titan? Pourquoi vendre la mèche et ainsi risquer de perdre beaucoup de valeur sur le marché des transactions? D’un côté comme de l’autre, on avait tout à perdre à ce que cette histoire sorte dans les médias. Est-ce que ça vient de quelqu’un qui en veut à Brisebois et qui a cherché à lui nuire? C’est fort possible. Qui? Allez donc savoir…

Sylvain Couturier a beau qualifier cette histoire de tempête dans un verre d’eau, ça demeure une bonne grosse patate chaude entre ses mains. Ce n’est pas arrivé souvent qu’un capitaine d’une formation de la LHJMQ exige publiquement de changer de décor. C’est plutôt le lot de joueurs de quatrième trio insatisfait de son temps de glace. Des joueurs facilement interchangeables.

Et cette histoire va lui compliquer sérieusement la tâche afin d’obtenir un bon retour contre son défenseur étoile. Il est certain que les autres équipes du circuit Courteau vont le voir venir avec ses gros sabots et seront très réticentes à laisser aller des joueurs établis ou encore de bons choix de repêchage en guise de compensation pour un joueur qui doit dorénavant vivre avec une mauvaise réputation sur le dos. En clair, Couturier n’arrivera probablement pas à en avoir pour son argent dans cette affaire et devra laisser aller Brisebois à rabais.

Il s’agit évidemment d’une nouvelle tuile sur la tête du Titan, qui doit trouver qu’avec toutes celles qui lui sont tombées dessus depuis trois ans (les défaites à profusion, des exclusions des séries, les critiques concernant la gestion des joueurs et le peu de spectateurs dans les gradins), il espère qu’il n’en reste plus beaucoup qui sont encore accrochées au plafond.

Une tuile qui survient à un bien mauvais moment, en plein blitz de vente d’abonnements saisonniers. Comment les amateurs vont réagir? Là aussi, allez donc savoir…

C’est parfois à se demander s’il n’y a pas trop de coïncidences dans l’entourage de cette formation qui en a bavé autant sur que hors de la patinoire depuis plusieurs années pour que, justement, ça ne soit plus de simples coïncidences…

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle