BERNARD THÉRIAULT

Soyons honnêtes ici… Qui, parmi vous, vénérables lecteurs de cette chronique, ne s’est pas arrêté dans un dépanneur de Dégelis ou de Pointe-à-la-Croix pour faire le plein de bières en revenant d’une petite randonnée au Québec?

Mieux encore, qui de Caraquet, Lamèque, ou Shippagan ne traverse pas la baie des Chaleurs avec son bateau pour aller à Port-Daniel ou Paspébiac prendre quelques caisses pour combattre le réchauffement de la planète?

Le commerce inter-frontalier de l’alcool est aussi vieux que les frontières. Les férus d’histoire du Madawaska se souviennent de Maxime Albert de Saint-Hilaire qui, pendant la prohibition, était surnommé le Al Capone du Nord-Ouest. À la même époque, vers 1926, Moïse Azziz de Caraquet, emprisonné pour commerce illicite d’alcool, est libéré par le ministre de la Justice, à la demande du député de Gloucester, Jean G. Robichaud qui déclare sans gêne que les talents d’Azziz seront très utiles lors de la prochaine élection.

Tout ça pour vous dire que le récent jugement de la Cour provinciale invalidant la loi empêchant l’importation d’alcool d’une province à l’autre ne changera pas le monde. Le gouvernement provincial tente depuis des lustres de s’attaquer à ce problème. Nous savons bien que les gens du Restigouche comme ceux du Madawaska vont continuer à s’abreuver à la fontaine des dépanneurs québécois.

Chaque fois que le problème surgit, le gouvernement regarde à des moyens de freiner cette perte de revenus, mais sans trop de succès. Pour avoir, dans mon passé pas si lointain, assisté à de nombreuses réunions sur la question, le gouvernement demeure sans solutions. Baisser les taxes pour concurrencer la bière québécoise n’est pas une option.

En dépit du problème, la très grande majorité des Néo-Brunswickois achètent à fort prix leur bière dans les succursales d’Alcool NB et l’hémorragie ne se situe qu’à deux points de vente, soit au Restigouche et au Madawaska. Resserrer le contrôle sur les régions périphériques n’est pas non plus une solution, car cela risquerait de créer une guerre entre les provinces que le Nouveau-Brunswick ne pourrait gagner.

Par exemple, dans la région du Restigouche, si on est perdant dans le commerce de la bière, il faut se rappeler qu’une partie importante des automobiles vendues à Campbellton le sont du côté du Québec. Même chose pour l’alimentation, les meubles, les vêtements et d’autres biens de consommation. Et ceci sans compter les millions de dollars que le gouvernement perçoit pour des services médicaux et scolaires vendus au nord de la baie des Chaleurs. Dans une moindre mesure, la même dynamique s’applique au Madawaska, où le problème est exacerbé par la présence de la frontière avec les États-Unis.

Bref, que le gouvernement nous dise qu’il va faire quelque chose, c’est bien, mais le fait qu’il ne fasse rien ne changera pas notre quotidien. Même à rabais, on a craint d’avoir à acheter notre électricité au Québec, mais pour la bière c’est autre chose!
JEANNOT VOLPÉ

Un nouveau record peu enviable vient de s’ajouter à une liste déjà longue du gouvernement libéral de Brian Gallant.

Le nombre de cas référés aux tribunaux en moins de deux ans par un gouvernement vient s’ajouter à une liste d’exploits: que ce soit les pertes d’emplois, l’exode de la population, le chômage le plus élevé pour les jeunes ou le taux de taxation le plus élevé pour la population et j’en passe. Une décision reconnue inconstitutionnelle, limitant la quantité de bières et de spiritueux que les résidants du N.-B. peuvent importer du Québec, a paralysé le gouvernement.

La GRC attend un signal du gouvernement et celui-ci dit que c’est à la GRC de prendre les décisions. Alors que nous vivons dans une province qui dépend des exportations, pourquoi vouloir limiter les importations? Les ententes de libre-échange avec d’autres pays permettent à nos entreprises d’exporter leurs produits et de créer de l’activité économique.

Je me souviens qu’en 2007, le gouvernement libéral de Shawn Graham, dont plusieurs ministres du gouvernement actuel faisaient partie, avait passé un projet de loi pour empêcher des produits agricoles d’aller vers le Québec. Le projet de loi n’a jamais été proclamé, car ce n’était que de la politicaillerie pour attaquer les entreprises et les travailleurs dans la circonscription du chef de l’opposition. Les mêmes polliticailleux, Donald Arseneault, Victor Boudreau et Hédard Albert qui étaient là à l’époque, sont encore là aujourd’hui.

Si vous demandez au gouvernement la raison qui justifie selon lui la limite de produits alcoolisés que peuvent apporter les résidants du N-.B., la réponse sera sans aucun doute la nécessité d’aller chercher les taxes qui sont nécessaires pour livrer les services au Nouveau-Brunswick.

Certains vous diront que c’est un élément valable, d’autres ramèneront certainement l’argument des millions $ payés en trop aux Premières Nations. Alors que la vérificatrice générale a dénoncé un trop payé de plus de 14 millions $ et que le gouvernement continue chaque mois de perdre plus de 100 000$, rien n’a encore été fait pour au moins arrêter ces pertes de revenus bien connues du gouvernement Gallant.

Si le gouvernement est vraiment sérieux dans sa volonté d’assainir les finances de la province, pourquoi ne pas réclamer les sommes d’argent dues avant d’imposer aux citoyens de nouvelles taxes alors qu’ils sont déjà les plus taxés au pays?

La politicaillerie libérale a pris la population du N.-B. en otage et ce gouvernement utilise le règne de la terreur afin de réduire au silence ceux et celles qui dénoncent ces actions irresponsables. Les décisions qui ne peuvent être contrôlées sont envoyées devant les tribunaux afin de retarder et transférer les responsabilités au prochain gouvernement.

L’achat de produits moins dispendieux à l’extérieur du N.-B. est un symptôme d’une population qui veut maximiser la valeur de son argent durement gagné au lieu de l’envoyer à un gouvernement qui va la gaspiller pour financer la partisanerie politique.

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