Voyageuse et enseignante dans l’âme

Depuis qu’elle a décroché son baccalauréat en éducation à l’Université du Nouveau-Brunswick en 1991, Renée Bellevance, de Fredericton, a enseigné dans sept villes différentes… et sur trois continents. Depuis 2009, elle est la chef du département d’éducation physique de l’École canadienne internationale de Singapour.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’enseignante âgée de 46 ans en a fait du chemin… au sens propre comme au sens figuré.

De 1991 à 2009, elle a exercé son métier à Bath (dans l’ouest du N.-B.), à Toronto, à Fredericton, à Charlottetown, à Essex (en Angleterre), de nouveau à Charlottetown et maintenant à Singapour.

Cette cité État d’Asie du Sud-Est est composée d’une soixantaine d’îles situées entre la Malaisie, au Nord, et l’Indonésie, au Sud. Le pays a vu son économie prospérer de façon exceptionnelle dans les années 1980 tellement qu’aujourd’hui, Singapour affiche un des PIB par habitant les plus élevés de la planète.

Son économie repose principalement sur les finances, le tourisme, l’industrie électronique et le transport maritime (son port est le deuxième plus achalandé au monde, derrière celui de Shanghaï).

C’est le goût de l’aventure et l’envie de voyager du mari de Mme Bellavance – Scott Stewart, lui aussi enseignant – qui a en quelque sorte entraîné la famille dans l’aventure singapouroise.

«En 2003, nous avons déménagé en Angleterre pour deux ans. L’enseignement y était très exigeant, mais nous avons beaucoup aimé voyager en Europe pendant notre séjour. De retour en poste à l’Île-du-Prince-Édouard (en 2005), voilà que mon mari a, au bout de quelques années, recommencé à parler de voyager», raconte celle qui est mère de deux filles âgées de 13 et 15 ans.

Le couple a donc participé à une foire de recrutement pour enseignants, à Kingston, en février 2009. C’est là que la possibilité d’enseigner en Asie s’est présentée.

«Nous avons rapidement dû nous préparer à partir pour Singapour en août. Nous devions reprendre nos postes à l’Î.-P.-É. en 2011, mais nous avons vécu tellement de bons moments ici que nous avons choisi de rester. Sept ans plus tard, nous sommes encore à Singapour!», souligne l’Acadienne, précisant que le fait que ses filles aient la chance de voir le monde et de faire des «activités extraordinaires» a aussi été un facteur important dans la décision de demeurer en Asie.

En plus de ses fonctions de chef du département d’éducation physique (au secondaire), Mme Bellavance est également professeure de français. La majorité de son travail se déroule en anglais et elle n’a que de bons mots à exprimer à l’endroit de ses étudiants.

«Les élèves sont fantastiques. Notre école regroupe plus de 70 nationalités et est donc très multiculturelle. Je trouve que les élèves dans le programme du Baccalauréat international sont très motivés à travailler et veulent apprendre.»

«Il n’y a pratiquement jamais de problèmes de discipline, ajoute-t-elle. On peut se concentrer sur l’enseignement. C’est très rafraîchissant après avoir travaillé dans d’autres systèmes…»

Passionnée de sports, Mme Bellavance est aussi l’entraîneure d’une des équipes féminines de volleyball de l’école (6e à 8e année).

Enfant, Mme Bellavance rêvait de faire un travail dans lequel elle pourrait aider les autres. C’est ce qui l’a conduit vers l’enseignement, mais aussi, à prendre part à différentes missions humanitaires.

«Nous (sa famille et ses élèves) avons beaucoup travaillé avec des organisations sans but lucratif depuis que nous habitons Singapour, dit-elle. Nous avons pu aider à construire des maisons au Cambodge, à réparer un centre pour les personnes avec des handicaps en Indonésie et travailler dans les camps médicaux au Népal.»

La diplômée de l’École Sainte-Anne et son conjoint aimeraient un jour revenir s’établir au Canada. «Les filles sont à l’âge où elles ne veulent pas revenir tout de suite. Nous allons donc sûrement attendre qu’elles finissent leurs études avant de déménager», dit celle qui a vu le jour au Manitoba, mais dont les parents se sont établis à Fredericton alors qu’elle avait 4 ans.

La «Ville jardin»

Surnommée la «Ville jardin», Singapour est une ville très «multiculturelle, très propre, très moderne, verte et vibrante», témoigne Renée Bellavance. «L’île est quatre fois plus petite que l’Île-du-Prince-Édouard, mais avec une population de presque 6 millions d’habitants! Malgré tout, on trouve toujours beaucoup de parcs et d’espaces verts. Sur chaque coin de rue, on voit des alignements de grands arbres majestueux.»

«On ne se sent pas à la ville. Et surtout pas dans une grande ville. On se sent partout en sécurité (ndlr: selon les Nations Unies, le taux de criminalité y est le deuxième plus bas au monde). Je n’ai pas peur que mes filles prennent les transports en commun toutes seules.» La Néo-Brunswickoise souligne d’ailleurs que son principal choc culturel a été de s’adapter au transport public – qu’elle qualifie tout de même de «propre, facile et efficace». Et à faire ses emplettes…

«On ne peut pas toujours tout acheter au même endroit, raconte-t-elle. Il faut faire le tour de la ville pour acheter des articles pourtant très simples!» Un moindre mal pour ceux qui savent apprécier l’exceptionnelle expérience qu’est celle de s’immiscer en plein coeur d’une cité majestueuse. «Se promener en ville est un vrai plaisir pour les sens avec toutes ces couleurs vives, ces décorations florales, ces vêtements traditionnels et ces odeurs d’épices, d’encens et de nourriture locale, le tout bercé par la musique du pays. Il est vraiment agréable de se promener dans cette Suisse d’Asie.»

Même si le pays est entouré d’eau, Singapour n’est pas l’endroit rêvé pour se prélasser sur la plage. «Lorsqu’on est à la plage, on doit se fermer les yeux pour bien en profiter, car la circulation des conteneurs venant du port est constant.» Qu’à cela ne tienne. Quand la famille Bellavance n’a pas envie d’aller à la plage, elle peut se tourner vers la jungle pour y faire des randonnées, un pique-nique ou du vélo de montagne. «On trouve toujours plein d’activités à faire», affirme l’enseignante.

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