À la découverte de la pleine conscience

La pleine conscience. J’en fais souvent mention dans mes chroniques, mais, qu’est-ce que c’est? Je suis relativement consciente d’être fatiguée ce lundi matin, de sentir que ma créativité est hâtée par la date butoir du journal, que mes enfants se chamaillent autour de moi à propos d’un thème très sérieux (débarrasser la table avant d’aller à l’école) et qu’il pleut depuis trois jours.

Je n’effleure que la surface de la pleine conscience, endurant les instants au lieu de prendre le temps de les vivre. Je veux être plus consciente de mes pensées, de mon entourage, de mon environnement ainsi que des sensations, internes et externes, que j’éprouve.

J’entre donc en mode «pleine conscience». Dans un sens, j’entre en contact avec l’enfant de deux ans qui est toujours en moi, l’enfant au regard fasciné qui profite de tous ses sens. J’ouvre la porte et sens la pluie couler entre mes doigts, chaque goutte engendrant une odeur de vie, faisant émerger les vers de terre, ces alliés précieux des jardiniers. J’apprécie ma chance d’avoir ce déjeuner que je savoure. Mes enfants apprennent à s’affirmer et à se partager les tâches (bien qu’un peu agressivement); en fait, c’est plutôt drôle d’observer l’intensité des expressions de leur visage. À les entendre, on se croirait dans un débat de haute importance – sur qui rangera le dernier bol. Quant au délai serré pour ma chronique, tant pis, je me détache du temps et de ses contraintes et j’écris, tout simplement. C’est moi qui choisissais de me sentir brusquée. Et ma fatigue? Quoi de mieux que de prendre de profondes respirations afin de ressentir l’énergie traverser mon corps et mon esprit. Il ne me suffit pas d’être réveillée, je veux être éveillée. Être dans le moment présent.

Cheminement 1

C’est Olivier* qui m’a suggéré le thème de la pleine conscience que, dorénavant, il intègre dans sa vie. Plutôt que continuer à sentir un manque, un malaise, une perte de joie progressive, il entreprit le chemin de la conscience. Il vendit ses choses et s’acheta une modeste autocaravane, plus âgée que lui, qu’il tenta d’enjoliver avec des autocollants yin-yang.

Nul besoin d’une autocaravane couleur de feuille morte, parée de velours à l’intérieur, pour devenir plus conscient. Nul besoin de changer ses activités quotidiennes non plus. Où que l’on soit, on peut respirer calmement, se rapprocher de la nature, méditer, jouer avec des enfants, être reconnaissant, aiguiser ses sens, rire fort, écouter son intuition, accueillir le silence et, finalement, demeurer dans l’instant présent. Olivier est authentique et heureux. Sa vie n’est pas plus facile – je dirais même qu’elle est plus éprouvante – mais il avance, sentant sa propre présence. Olivier découvre des passions peu conventionnelles qu’auparavant il voyait avec opacité; en outre, il tente d’utiliser celles-ci pour dispenser de la joie auprès des autres. Dorénavant, jamais il ne subit; il est le créateur de sa propre vie.

Cheminement 2

Bradley* a toujours su quelle était une de ses passions: la course. Quand il court, sa tête et son cœur deviennent légers. Il décrit l’expérience comme un état méditatif qui le rapproche de l’émerveillement devant les détails de la vie. Ses problèmes se transforment en leçons et son amour généreux est nourri. Il partage sa passion charitablement. Il devient conscient d’être conscient. «Mélanie, arrête de répéter», vous me dites. «C’est ça que c’est», je réponds. Conscient d’être conscient.

L’éblouissement de Bradley m’est venu à l’esprit l’autre jour, lorsque mon fils de six ans voulait dormir avec ses espadrilles neuves. Il les cajolait, les sentait (le nez collé aux semelles), les admirait; il manquait juste d’en mettre une à l’oreille pour écouter son message d’espoir et de prendre une bouchée du lacet. Que Bradley n’eût jamais dormi avec ses espadrilles en surprendrait plus qu’un.

Le moment présent

Dévoué à la transformation de la conscience, l’auteur Eckhart Tolle explique que nous ne pouvons pas vivre de façon consciente si nos têtes sont toujours engagées. On s’emprisonne dans le passé et le futur au lieu de pleinement être dans le présent. La présence, c’est la conscience.¹ Hé! Dans ce contexte, le slogan que portaient nos anciennes plaques d’immatriculation est bien éclairé: «Être… ici on le peut.» Éveillons-nous! (J’invite respectueusement vos partages et questions.)

Défi de la semaine

Revivez des expériences comme pour la première fois. Retrouvez l’esprit passionné de l’enfant en vous, où rien n’est neutre et l’ennui est rare.

*noms fictifs
¹Tolle, E. (2000). Le pouvoir du moment présent (traduit par A. J. Ollivier). Outremont (Qc): Ariane Éditions.

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