Le nom Richard est le 6e patronyme le plus répandu en France. Ce n’est donc pas surprenant que plusieurs familles se soient établies en Acadie et au Québec. Il y a deux souches principales en Acadie.

Michel Richard dit Sansoucy

Celle qui a laissé le plus grand nombre de descendants est fondée par Michel Richard. On ne connaît toujours pas son lieu d’origine. On peut penser que Michel est arrivé en Acadie comme soldat pour défendre la colonie, comme le suggère son «nom de guerre» Sansoucy.

Louis Richard proposait le siècle dernier que Michel serait arrivé en 1654 sur le navire Châteaufort avec l’expédition d’Emmanuel LeBorgne et Guilbault, quelques semaines avant que la ville soit prise par les Anglais. C’est bien possible, mais on n’en a pas de preuves formelles. S’il est bien soldat à son arrivée, c’est qu’il est forcément venu avant la prise du fort par les Anglais en 1654.

Quoi qu’il en soit, il décide de rester et de s’établir plutôt que de retourner en France pendant l’occupation, qui s’est prolongée pendant 16 ans. Vers 1656, Michel Richard s’allie à une ancienne famille de Port-Royal en épousant Madeleine Blanchard, fille de Jean Blanchard et Radegonde Lambert. Elle n’avait alors qu’à peine 13 ans. Vu la rareté de filles à marier, ce n’était pas si exceptionnel dans la petite colonie.

La famille s’installe en amont sur la rivière de Port-Royal, où Michel aurait obtenu «deux concessions à quelque 10 ou 15 miles du fort, du nouveau seigneur Leborgne», selon Richard. Des 1657 à 1677, le couple Michel Richard et Madeleine Blanchard donnera naissance à dix enfants, dont quatre fils qui propageront le nom en Acadie: René dit Beaupré (vers 1657), Pierre (vers 1661), Martin (vers 1665) et Alexandre (vers 1668).
Madeleine Blanchard décède après le recensement de 1678.

Michel restera veuf quelques années avant de se remarier. Vers 1683, Michel convole en secondes noces avec Jeanne Babin, âgée d’environ 15 ans. Il en a alors environ 53.

Jeanne Babin lui donnera deux autres fils: Michel dit Lafond (vers 1684) et Alexandre dit Boutin (vers 1686). Michel Richard décède peu après la naissance de son dernier fils, vers 1687, à Port-Royal. Veuve, Jeanne Babin épouse vers 1689 Laurent Doucet, fils de Germain (II).

François Richard, d’Auray en Bretagne

Le deuxième porteur du patronyme Richard à s’installer en Acadie est François Richard, qui comme son prédécesseur, s’installe en Acadie peu avant une occupation anglaise.

On ne connaît pas les circonstances de son arrivée en Acadie, probablement vers 1707. Par contre, puisqu’il arrive un peu plus tard que d’autres pionniers, la fondation de la famille est enregistrée dans les registres paroissiaux qui nous sont parvenus. Ils nous renseignent sur ses origines. François Richard est né à Auray en Bretagne. Son baptême n’a pas encore été retrouvé, mais les registres paroissiaux du département du Morbihan sont disponibles en ligne.

François s’est marié deux fois en Acadie. Le 24 octobre 1710 à Port-Royal, François épouse Anne Comeau, fille de Jean l’aîné et Françoise Hébert, née vers 1686. Le couple donne naissance à cinq enfants, dont Joseph (marié en 1734 à Anne Bastarache) et François (marié en 1737 à Marie Geneviève David) qui propageront le nom.

Anne Comeau, âgée d’environ 36 ans, décède en avril 1722. Elle est inhumée le 7. L’acte de sépulture précise qu’elle est décédée «après une maladie de 7 à 8 mois». Il n’y a donc pas que les accouchements qui emportent ces jeunes mères.

François Richard ne perdra pas de temps à reconstituer sa famille, car à peine six mois plus tard, le 26 octobre 1722 à Port-Royal, il épouse Marie Martin, fille de René Martin & Marie Mignier. Ils auront trois autres enfants: Madeleine en 1723, René en 1726 (marié à une inconnue) et Dorothée en 1728.

Marie Martin décède le 8 janvier 1747. On ignore la date de décès de François Richard.

La Plauderie: mise au point

Dans la chronique de la semaine dernière, il faut préciser que la somme mentionnée a été attribuée par le département plutôt que par le conseil intermunicipal. Il aurait donc fallu lire ceci: «Des fonds importants (11 millions d’euros) ont été votés par le Département de la Vienne – bonifiés il y a deux semaines de 2 millions d’euros supplémentaires – pour L’Historial du Poitou, qui comprend l’espace dédié au Berceau de l’Acadie en pays loudunais. La Communauté des communes du Loudunais a pour sa part fait l’acquisition d’un terrain de la Plauderie pour une somme nominale (500 euros), mais le budget prévisionnel pour le mémorial et les autres sommes engrangées n’ont pas encore été dévoilés, selon Jean-Marie Germe.»

 

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Références:
Stephen White, DGFA, 1999, p. 1373-1374, 1383-1385.
Louis Richard, Les Richard d’Acadie, Mémoires, SGCF, 1954, vol 6 no 1, p. 25-32.

 

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