Personnalité de la semaine: Émile Gallant

Émile Gallant, tout en restant humble, s’impose comme promoteur et défenseur de la communauté francophone à l’Île-du-Prince-Édouard. Il a eu un rôle à jouer dans l’organisation des Jeux de l’Acadie pendant plusieurs années et a contribué à améliorer sa communauté francophone, souvent comme bénévole. Il a créé le programme français du centre des arts de la confédération, il a été président du carrefour de l’Isle-Saint-Jean pendant six ans et a travaillé avec des organismes comme Jeunesse Acadienne. Il travaille maintenant au ministère des anciens combattants, poste qu’il occupe depuis environ 10 ans.

Vous travaillez beaucoup dans le domaine de la jeunesse…

Pour moi, la jeunesse est très importante. Maintenant, je suis président de la commission scolaire francophone. On gère six écoles francophones à l’île, et, pour moi, la jeunesse et la petite enfance sont des priorités. Je mets beaucoup d’énergie, comme bénévole ainsi que comme conseiller scolaire, à m’assurer que notre jeunesse aie une place dans notre communauté et qu’elle aie un futur prometteur. C’est très important que nos jeunes aient accès aux ressources nécessaires, que ce soit une éducation en français ou des loisirs en français.

Les Jeux de l’Acadie sont l’un des grands succès de l’Acadie comme telle. Ça nous donne une chance de se rencontrer, de jouer ensemble, et encore mieux: les Jeux de l’Acadie ont maintenant un volet culturel et artistique, ce qui, pour moi, représente un succès encore plus retentissant.

Pourquoi les Jeux de l’Acadie sont-ils si importants pour vous?

Beaucoup de gens avec qui j’ai étudié à l’université faisaient partie de l’organisation des Jeux de l’Acadie, alors pour moi, à l’époque, c’était une manière de rester en contact avec ces gens-là. Maintenant, ces gens sont encore mes amis, je les côtoie régulièrement.

Mais de plus, à l’Île-du-Prince-Édouard, il y a toujours cette peur de perdre notre langue. Ça crée quelque chose à l’extérieur de nos écoles, quelque chose qui incite nos jeunes à s’impliquer. Ils aiment ça et c’est tout simplement incroyable.

Je me suis réimpliqué dans le domaine de la jeunesse il y a cinq ou six ans, car j’ai trois petits-enfants qui ont 8 à 9 ans, et c’est pour eux que je m’implique, finalement. Je veux que leur francophonie soit comme la mienne, qu’ils puissent évoluer en français et être fiers de leur langue et de leur culture. C’est dans ce but-là que je travaille.

Quels sont les défis dans la défense de la langue française?

Il faut accepter qu’il peut parfois y avoir des problèmes et il faut être capable de se tenir debout même si, parfois, on peut être vus comme étant des «lamenteux», des gens qui en demandent toujours plus… Mais on a besoin de nos services. À l’île, on a eu deux cas de défense de la langue française qui se sont rendus devant la Cour suprême, et c’est parfois le seul moyen de défendre nos droits. Car ce sont des droits, il ne faut pas le cacher! Si on ne défend pas cela, notre communauté va mourir. S’il n’y a pas d’école francophone dans une communauté, c’est également ce qui va se passer. On l’a vu, dans les années 1960, on avait 65 petites écoles francophones dans la province… Elles ont toutes fermé sauf une. Toutes ces communautés francophones ont presque disparu. C’est pour cela qu’il faut continuer de se battre.