Déjà une autre année scolaire de terminée! Il ne reste qu’une semaine de classe. Et comme pour chaque fin d’année, c’est l’heure des bilans. Les élèves recevront leurs bulletins. Les enseignants et les directions d’écoles fermeront les livres, satisfaits, je l’espère, de l’année qui se termine.

Pour le système scolaire dans son ensemble, c’est plus compliqué de faire un bilan exact parce qu’il faut être en mesure de saisir la complexité de tout le système… le grand tableau. Ce n’est pas facile de faire une évaluation précise puisqu’il y a tellement d’éléments qui peuvent varier. Chaque élève est présent dans le système pendant treize ans. Bien des changements se produisent durant toutes ces années!

Je propose quand même trois pistes de réflexion pour faire, collectivement, le bilan. J’amorcerai une sorte d’auto-examen en exposant trois grandes finalités.

Premièrement, sortant de la douzième année scolaire, âgés de 18 ans, est-ce que nos finissants sont en mesure, dès maintenant, de mener une vie équilibrée? Comme adulte, nous avons à prendre des décisions quant à notre mieux-être. En ce sens, nous devons être en mesure, d’une manière autonome, de choisir ce qui est le mieux pour nous-mêmes et pour les autres.

Deuxièmement, nos finissants ont-ils développé le désir d’apprendre tout au long de leur vie? En fait, au 21e siècle, tout se transforme presque à vue d’œil autour de nous. La technologie y est pour quelque chose, mais la culture, l’environnement et le monde du travail changent à une vitesse folle. Apprendre, ou savoir apprendre est essentiel à quiconque ne veut pas se laisser dépasser par les événements.

Comme troisième piste – et l’actualité nous le rappelle avec vigueur ces temps-ci – avons-nous permis à nos finissants de développer les compétences citoyennes qui permettent à tous de participer d’une manière éthique, à la construction d’un monde commun? Vivre ensemble suppose plus que la tolérance de l’autre. Cela suppose d’être en mesure, ensemble, de se donner des institutions et des valeurs partagées ayant en leur centre la recherche du bien commun.

Ainsi, si nos finissants sont capables de vivre d’une manière autonome, en harmonie avec les autres et en mesure de mobiliser les ressources dont ils ont besoin pour mener à bien des projets de vie qui les animent, alors, c’est mission accomplie.

S’ils en sont partiellement capables, ou tout simplement incapables, alors, il faut se poser la question du type d’expériences qu’ils ont vécu lors de leur parcours scolaire.

Erika Christakis, qui, jusqu’à tout récemment, enseignait en petite enfance à l’Université Yale au Connecticut, affirmait en entrevue au journal La Presse qu’on enseigne malheureusement pour le court terme parce que c’est plus facile à évaluer. Mais, ce faisant, on laisse de côté l’essentiel.

Pour elle, l’environnement d’apprentissage des élèves est central et c’est ce que nous devrions évaluer. Il faut donc se poser la question si l’environnement d’apprentissage des élèves leur permet d’être critiques, créatifs, autonomes, engagés, ouverts, responsables et authentiques. Ou encore, au contraire, les élèves doivent-ils être conformistes, dociles, obéissants, voire soumis à une autorité dont ils ne saisissent pas nécessairement les fondements.

On peut donc juger l’arbre à ses fruits. Mais on peut aussi, du point de vue du jardinier, juger les fruits à l’arbre qui les a produits. Au fond, on pourrait s’interroger, tout simplement, sur ce qu’on a demandé aux élèves de faire réellement, durant la dernière année, qui leur permet d’être des personnes épanouies et de bons citoyens engagés?

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