Un tout nouveau Tintamarre

Cette année, la Fête Nationale de l’Acadie a élargi son champ d’action grâce au premier grand Tintamarre de Saint-Pierre et Miquelon. L’année s’y prêtait particulièrement, puisque 2016 représente, je vous en ai souvent parlé, le Bicentenaire du retour de l’archipel à la France et que le but des célébrations était de (re)découvrir les diverses racines de la population.

C’était un de mes rêves de voir un Tintamarre arpenter les rues de Miquelon, là où en 1763 tant de nos ancêtres ont trouvé refuge, même s’ils ont dû par la suite en être souvent déportés jusqu’à leur retour définitif en 1816. Lundi, lorsque j’ai vu les gens arriver sur la Place des Ardilliers pour le départ du tintamarre, que quelque 24 grosses têtes ont fait leur apparition et que le bruit a commencé à se faire, j’étais bien fière.

Fière aussi de la présence très symbolique du Vice-président de la Société Nationale de l’Acadie, Xavier Lord-Giroux, des «supporters» venus de Saint-Pierre, certains en costume traditionnel, d’autres habillés aux couleurs de l’Acadie, fière des drapeaux acadiens accrochés aux balcons, des instruments de fortune (casseroles, poêles à frire et autres instruments de cuisine), des enfants traînés dans des chariots, tout cela dans la bonne humeur.

Et puis ce fut l’heure et lorsque Xavier Lord-Giroux demanda «êtes-vous prêts pour votre tintamarre?», pas de doute, les quelque 300 personnes réunies sur la place étaient fin prêtes! Et le doris, la sirène, le pêcheur, la pieuvre, le phoque, la morue et toutes les autres grosses têtes allégoriques commencèrent leur tribulation dans les rues principales.

J’ai eu amplement le temps durant cette marche de penser à mon ancêtre acadienne et miquelonnaise Zélie Poirier; de repenser à la folkloriste Carmen Roy qui, dans les années 1960 était venue à Miquelon pour y trouver des signes du patrimoine acadien et qui se désespérait de n’y trouver presque personne conscient de ses origines. Et lorsque nous avons regagné la place des Ardilliers, juste à côté du monument de l’Odyssée acadienne où flotte en permanence notre drapeau, je me suis dit que nous avions finalement fait bien du chemin.

Longue vie au Tintamarre de Miquelon!