Au-delà des confettis

Août tire à sa fin, hélas. L’été n’est pas encore terminé que déjà, on pense à l’automne et à l’hiver en frissonnant un brin.

Pendant que l’on profite des derniers jours avant le branle-bas de combat de la rentrée, les gouvernements provincial et fédéral nous inondent d’annonces.

Des millions par ci pour les infrastructures, des millions par là pour l’éducation postsecondaire ou pour l’environnement. La valse des subventions en a vraiment mis plein la vue au cours des derniers jours au Nouveau-Brunswick.

Dans de beaux communiqués vantant l’ampleur des investissements, les gouvernements se donnent des tapes dans le dos.

Et nous, les médias affamés par le rythme anémique de l’actualité estivale, on saute là-dessus en se disant que c’est mieux que rien. Les gouvernements le savent très bien.

Sauf qu’en lisant les documents comme il le faut, on réalise vite qu’il y a des bémols enfouis là-dedans, que tout n’est pas si simple.

Les gouvernements débloquent une somme énorme pour tel ou tel secteur, mais les fonds seront étalés sur plus d’une année. Mais les municipalités devront aussi y contribuer. Mais les fonds seront distribués partout au pays. Mais, mais, mais…

Les annonces des derniers jours semblent avoir été bien reçues. Un centre de recherche médicale, la sauvegarde des poissons et des infrastructures retapées, qui cracherait là-dessus?

Sauf que j’ai l’impression que des vagues comme celle que l’on vient de voir au Nouveau-Brunswick créent chez le public le sentiment que les gouvernements nous font des cadeaux en sortant ainsi des lapins de leurs chapeaux.

En voyant la province servir d’arrière-plan pour un tas d’annonces, les citoyens finiront peut-être se sentir gâtés par tous ces millions et à perdre de vue d’où viennent ces sous.

Avec toutes ces tapes dans le dos, ces sourires calculés et ces photos officielles, on peut vite oublier qu’au final, l’argent que nos élus dépensent, c’est le nôtre.