Le maquereau: un délice à prix dérisoire

Le maquereau; quelle réputation mes amis! Tantôt reconnu pour sa comestibilité, tantôt responsable d’un certain sourire en coins de lèvres chez les francophones! Tout un maquereau s’ti ya!

Je me suis souvent interrogé sur cette connotation, dont je soupçonne une teinte de je ne sais quoi. M’a d’mander à ma mère un de ces quatre. Après tout, il n’est jamais trop tard pour apprendre les rudiments de la pêche, me dis-je!

Le maquereau est loin d’être le seul poisson dont la réputation flotte outre son habitat naturel. Voici quelques exemples tirés du blogue de Françoise Gomarin: «avoir des yeux de merlan frit (regard énamouré); être un requin (impitoyable en affaire); avoir une gueule de raie (quelqu’un de laid); muet comme une carpe (silencieux); anguille sous roche (tout n’est pas clair); sentir le hareng (sentir mauvais); serrés comme des sardines (empilés les uns sur les autres) ». Et j’en passe. La liste est loin d’être exhaustive.

Revenons à notre maquereau qui, tout compte fait, est probablement celui dont le qualificatif est le plus flatteur!

Très abondant tout le long de nos côtes, ce poisson se pêche très facilement ou ne s’achète que pour deux fois rien. Le guide alimentaire canadien vante ses mérites au chapitre des acides gras oméga-3 polyinsaturés; nutriment essentiel pour le maintien d’un cœur en santé.

La recherche médicale a d’ailleurs établi des liens étroits entre la prévention de certains cancers et la consommation de produits riches en oméga-3.

La pêche récréative du maquereau est très populaire en Acadie et tout le long des étendues d’eau salée. Par beau temps, on compte de nombreuses petites embarcations faisant leur provision hivernale.

La plupart s’adonnent à la technique du jiggage pour leurrer et hisser le poisson dans le bateau. Cette technique est caractérisée par un mouvement de va-et-vient d’une ligne munie de plusieurs hameçons à mouche. Ces hameçons de couleur fluo attirent frénétiquement le maquereau et il n’est pas rare de les hisser à bord, cinq ou six à la fois.

Certains préfèrent la méthode conventionnelle de la canne à pêche. Le principe demeure le même que la technique du jiggage, sauf que le pêcheur jouit davantage du frétillement du poisson au bout d’une ligne. Comme l’action tarde rarement, quelle belle façon d’encourager un tout jeune à la pêche.

La chair du maquereau ramollit très rapidement; c’est pourquoi il est important d’avoir un bac à bord. Si possible, éviscérer le poisson le plus rapidement possible et le laisser tremper dans l’eau de mer. Pour ma part, je procède à la manutention du poisson sur place. Moins embêtant que de disposer des viscères à domicile. Facile de le préparer en filets ou tout simplement de le conserver en entier.

Une fois à la maison, quoi de mieux que du poisson fraîchement pêché! Un délice à un prix dérisoire. Même les non-pêcheurs peuvent s’en procurer pour deux fois rien. Souvent, les gens d’ici froncent les sourcils pour un coût demandé de 6$ la douzaine. Allez à Montréal où le maquereau se vend en épicerie pour 3$ l’unité!

On parle probablement à ce prix, de poisson gelé et dégelé plusieurs fois, par surcroît. Profitons de nos richesses locales.

Certains optent pour une mise en conserve. Excellente idée. Sauf que, n’oubliez pas de suivre les mesures afin d’éviter le botulisme (intoxication à conséquences graves). On peut tout simplement le congeler en filet ou en entier.

La toile regorge de recettes plus salivantes les unes que les autres. Plusieurs vont se procurer un fumoir; soit à froid, soit à chaud. Le fumage à froid est beaucoup plus lent et le prix de l’appareil peu dispendieux. Bémol toutefois, la chair du poisson est un peu plus sèche.

Pour ce qui est d’un fumoir à chaud (plus dispendieux que le fumoir à froid), je penche sans équivoque pour ceux du fournisseur Cabelas, situé à Moncton. Les prix varient de 250$ à 500$ selon la grosseur. Beaucoup plus rapide, cette méthode donne de beaux filets dorés à point et une chair tendre et succulente.

Une fois les filets fumés, on peut les conserver au réfrigérateur durant trois ou quatre jours. Ou on peut simplement les congeler. Qui plus est, on peut également y fumer toute une variété de poissons, dont le saumon et la truite du printemps.

Le maquereau possède donc des attributs bien au-delà de sa réputation hors de l’eau. Une chose est certaine: si je me fie aux qualificatifs peu flatteurs de ses congénères marins (répertoriés du blogue de Françoise Gomarin), mieux vaut être maquereau au risque de finir dans une poêle à frire.