Dans le noir: un suspense original et efficace

Il faut parfois bien peu de choses pour changer une vie.

Parlez-en au Suédois Davd F. Sandberg.

En 2013, lui et sa conjointe ont présenté un court-métrage d’horreur intitulé Lights Out dans un quelconque festival de cinéma.

Le couple est reparti de cette compétition bredouille et encore plus endetté. Mais leur téléphone s’est alors mis à sonner. Souvent.

À l’autre bout du fil? Des producteurs souhaitant transformer Lights Out en long métrage. Après avoir écouté de nombreuses offres, Sandberg a finalement choisi celle de New Line Cinema, une filiale du géant Warner Bros (rien de moins!).

Ainsi est né Dans le noir (Lights Out en version anglaise), un film de 81 minutes qui a coûté à peine 5 millions $ à tourner, mais qui, un mois après sa sortie en salles, a déjà généré des recettes planétaires de… 100 millions $!

Terrifiante noirceur

Dans le noir raconte l’histoire de Martin (Gabriel Bateman), un garçon âgé d’environ 8 ans.

Un soir, Martin entend sa mère, Sophie (Maria Bello), discuter toute seule dans sa chambre. Il s’approche donc pour tenter de comprendre ce qui se passe et aperçoit, dans le garde-robe, un long bras noir griffu.

Terrorisé, il se réfugie dans sa chambre et ne parvient pas à trouver le sommeil.

Sentant que quelque chose ne va pas, la direction de l’école de l’enfant communique avec la soeur adulte de Martin, Rebecca (Teresa Palmer).

Consciente que sa mère éprouve des problèmes psychologiques graves, Rebecca accepte d’accueillir Martin dans son appartement.

Mais voilà que l’entité surnaturelle qu’avait aperçue Martin l’a suivi jusque chez Rebecca – qui réalise qu’elle aussi a été hantée par cette vision dans sa jeunesse.

La menace est bien réelle: l’entité (nommée Diana) ne supporte pas la lumière, mais profite de la noirceur pour attaquer.

Déterminée à en savoir davantage sur ce dangereux spectre, Rebecca fouillera le passé de ses parents. Ce qu’elle découvrira la convaincra qu’elle et Martin sont en danger de mort…

Original et efficace

À une époque où le cinéma d’horreur peine laborieusement à se renouveler, Dans le noir est une bienvenue bouffée d’air frais plus que bienvenue.

Qu’on se comprenne bien, l’oeuvre de Sandberg ne réinvente pas le genre. Loin de là. Elle y apporte toutefois quelques éléments relativement nouveaux (la bête qui disparaît à la lumière) et les utilise avec une efficacité visuelle redoutable (le héros en mauvaise posture sauvé de façon in extremis grâce à une utilisation astucieuse de la lumière).

En fait, Sandberg frappe en plein dans le mille en jouant avec la peur viscérale qu’a l’être humain moyen de la noirceur. Ses tours de passe-passe fonctionnent d’autant plus dans une sombre salle de cinéma…

Tel un chat avec une souris, le réalisateur semble prendre un plaisir pervers à jouer avec les nerfs de son public.

Les habitués des films d’horreur sauront anticiper les sursauts, mais quelques bonnes frousses – notamment une magnifique, à la toute fin – risquent de vous prendre aux tripes.

Sous-utilisée, Maria Bello est brillante dans le rôle de Sophie. On achète sans trop de questions que cette femme est à la fois déprimée, terrorisée, dépassée et… un peu folle à lier.

Des réserves

Globalement, Dans le noir est un bon petit film d’horreur. Quelques éléments auraient toutefois pu être améliorés.

À commencer par le fait que l’enquête de Rebecca est trop courte. Cette partie, où on apprend le lien qui unit l’entité à Sophie, est passionnante et aurait pu être développée davantage. Surtout que ce qui nous est présenté n’est pas très  éclairant…

Il arrive aussi à Sandberg de transgresser les règles qu’il a lui-même créées. Ainsi, Diana disparaît presque toujours à la lumière, sauf en quelques occasions, quand les héros ont besoin d’un peu d’aide du «gars des vues» pour «blesser» la méchante…

Et est-ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi, dans les films d’horreur, les enfants et les méchants aiment tant dessiner?

La conclusion est aussi un peu bâclée. La solution trouvée par nos héros pour vaincre Diana est aussi facile qu’illogique. On aurait souhaité un peu plus d’imagination.

Qu’à cela ne tienne. La carrière de Sandberg est officiellement lancée. Non seulement Lights Out aura-t-il un deuxième chapitre, mais le Suédois  a été choisi par Warner Bros pour tourner la suite de l’angoissant Anabelle (2014).

Tout ça en raison d’un court-métrage de 160 secondes!


Maria Bello (vous l’avez peut-être vue dans…)

Prisonniers (2013)

Grandes personnes (2010)

World Trade Center (2006)

Flicka (2006)

Thank You For Smoking (2006)

Une histoire de violence (2005)

Coyote Ugly (2000)

Le règlement (1999)