Je réalise, en écrivant ces lignes, qu’aujourd’hui je signe ma dernière chronique de l’été 2016, une saison qui aura été particulièrement bien remplie pour moi avec le Bicentenaire des îles Saint-Pierre et Miquelon.

Nous avons, cet été, réalisé bien des choses dans mon archipel: des reconstitutions historiques, un festival littéraire, des conférences, un Tintamarre, des animations publiques dans les rues de Saint-Pierre, des concerts. Nous avons parrainé une troupe de danses folkloriques, deux pique-nique géants et nous réservons même à la population quelques surprises pour l’automne.

Mais ce qui aura vraiment marqué les esprits au mois d’août (le mien en tous les cas) c’est la série de Balades musicales que nous avons offerte à Saint-Pierre, à Miquelon et à l’île aux Marins à l’initiative de l’auteure-compositeur-interprète Alexandra Hernandez bien connue des musiciens acadiens.

Le concept est simple: organiser une marche en plein air ponctuée d’escales musicales dans des lieux insolites : dans une saline (cabane de pêche), dans un ancien lavoir, sur le pont d’un bateau à quai, au cœur de notre forêt boréale. Quel tour de force! Logistiquement c’est compliqué. Il faut organiser parfois le transport en bateau d’une île à l’autre, assurer l’intendance pour offrir «le coup de thé» de quatre heures ou l’apéritif de soirée. Mais il faut surtout trouver des artistes, souvent peu connus, qui donneront de l’âme au lieu où ils jouent.

Hier, j’ai suivi la dernière balade à l’Île aux Marins: au lavoir c’était une remarquable percussionniste qui a littéralement mis en musique l’eau du ruisseau qui y circule, dans l’église patrimoniale c’était un guitariste hors pair et enfin, dans le petit café du lieu situé dans une ancienne maison de commerce reconstruite à l’identique, Alexandra Hernandez nous offrait quelques-unes de ses plus belles compositions alors qu’on buvait le thé tout en mangeant un carré aux dates.

Ce fut un pur moment de bonheur pour tous les participants, un peu comme d’aller à un spectacle au phare de Miscou. D’ailleurs, seul bémol à cette série de seize concerts, c’est d’avoir tenté, sans succès, d’y inviter la grande Sandra Le Couteur pour la faire chanter dans le phare du Cap-Blanc à Miquelon. L’année prochaine, peut-être?