Un peu d’air frais

Qu’on se le dise, ça sent souvent le renfermé dans la bulle qu’est l’Acadie urbaine de Moncton.

Les discours ont tendance à faire du surplace. On se conforte dans nos certitudes. On célèbre nos bons coups à coups de high fives. On ne gueule pas trop lorsque quelqu’un se met le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

Tout cela est attribuable, au moins en partie, au fait que les cercles culturels, médiatiques, associatifs, universitaires et professionnels se recoupent tellement qu’ils ont l’air d’un énorme diagramme de Venn diabolique.

Heureusement, des nouveaux venus viennent de temps en temps nous brasser la cage.

La dernière en date est Céleste Godin. Originaire de la Nouvelle-Écosse, cette blogueuse, poète et ancienne leader du monde associatif acadien s’est récemment établie à Moncton.

Elle n’a pas perdu de temps pour faire sa marque. Une couple d’entrevues, un texte publié sur le site Astheure, une lecture de poésie et elle a réussi à nous amener à nous poser des questions sur cette Acadie que l’on pensait connaître, à remettre en question certaines de nos idées reçues.

Des électrons libres tels que Céleste Godin dérangent parfois en donnant des coups de pied dans le nid. Ils viennent troubler l’ordre établi et changer la donne.

On peut être d’accord ou pas avec leurs idées. On peut leur reprocher de parler trop fort, de prendre trop de place. Mais il faut reconnaître qu’ils apportent un peu d’air frais.

De toute manière, ils cherchent rarement à faire consensus.

Ce qui compte, c’est que petit à petit, ils mettent un frein à la sclérose collective qui survient inévitablement lorsqu’un tout petit milieu comme le nôtre reste trop longtemps assis à se regarder le nombril.

On ne s’en rend peut-être pas compte, mais ils nous rendent un sacré service en nous aidant à prévenir (ou à guérir) les plaies de lit intellectuelles qui nous guettent lorsque l’on choisit (consciemment ou non) l’immobilisme.

Et ça, ça mérite un high five bien senti.