Mode de scrutin – une première canadienne?

La population de l’Île-du-Prince-Édouard âgée de 16 ans et plus pourra voter du 29 octobre au 7 novembre prochain pour maintenir ou changer le mode de scrutin majoritaire à un tour qui est en vigueur depuis 1773. Les résidents de l’Île pourront participer au plébiscite en donnant leur choix par internet, le téléphone, par la poste ou encore en personne.

Le gouvernement de l’Île dirigé par le premier ministre Wade MacLauchlan a déposé en juillet 2015 un livre blanc sur le renouveau démocratique qui invitait la population insulaire à devenir la première juridiction canadienne à mettre de côté le scrutin majoritaire à un tour hérité de la Grande-Bretagne. Les électeurs peuvent voter pour cinq choix de système électoral et celui qui aura une majorité de 50% +1 des suffrages sera retenu.

Il s’agit ici d’un vote préférentiel. L’option gagnante doit avoir 50% +1 de premières préférences ou encore une combinaison de premières, deuxièmes voire de troisièmes et quatrièmes préférences.

Ce n’est pas la première fois que l’Île-du-Prince-Édouard tient un référendum pour changer son mode de scrutin. En 2005, une majorité des insulaires avaient opté pour le maintien du mode de scrutin majoritaire alors que la majorité requise était 60%+1 des votes.

Cette fois-ci, le gouvernement MacLauchlan a fait preuve d’innovation en permettant aux jeunes de 16 et plus à participer au plébiscite. De plus, nous avons un vote préférentiel qui donne plus de choix aux électeurs et la majorité recherchée est 50%+1.

Pendant que le Nouveau-Brunswick est empêtré dans une chicane partisane sur le processus à suivre pour renouveler son système électoral, le leadership politique de l’Île-du-Prince-Édouard fait preuve d’innovation et d’inclusion. Fredericton devrait suivre de très près comment l’Île-du-Prince-Édouard a mis en place un processus de renouveau de son système électoral qui ne fait pas des remous et encourage la participation populaire avec l’utilisation des nouvelles technologies.

Pourquoi ne pas suivre l’exemple de Charlottetown et déposer un livre blanc qui pourrait tracer la voie à un changement de notre mode de scrutin?