Un plan éducatif très attendu

Alors que tout le personnel des écoles a repris cette semaine le chemin de l’école après des vacances bien méritées, j’ai l’impression que les fonctionnaires du ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance n’ont pas chômé cet été.

C’est enfin jeudi que le ministère a rendu public le plan provincial d’éducation de 10 ans tant attendu. Il faut dire que les attentes étaient élevées depuis les dernières élections quand le gouvernement Gallant avait fait la promesse de produire un plan qui allait orienter les actions de tout le système d’éducation pour la prochaine décennie.

Ce faisant, promettait-il, plus de stabilité dans les décisions serait garantie alors qu’on laisserait de côté les idéologies politiques des différents gouvernements qui changent d’une élection à l’autre.

En un sens, le plan présenté jeudi ne réinvente pas la roue. Beaucoup d’objectifs proviennent directement de la Politique d’aménagement linguistique et culturel. Par contre, la principale force du plan réside dans sa concision. Il y a un total de huit objectifs qui visent l’atteinte des trois visées du système d’éducation: apprendre à mener une vie équilibrée, apprendre à vivre une citoyenneté engagée et éthique et apprendre à développer un désir d’apprendre tout au long de sa vie.

Le plan annonce, dès les premiers paragraphes, qu’il n’a pas la prétention de prescrire aux différents intervenants du système comment ils doivent atteindre les objectifs. Pourvu que les pratiques s’appuient sur des recherches dont les résultats sont probants, les directions d’écoles, les enseignants et les districts scolaires auront toute la latitude voulue pour choisir les moyens qui conviennent le mieux à leur contexte spécifique.

Les huit objectifs sont: projet de vie et de carrière, mieux-être, construction identitaire, éducation à la citoyenneté et diversité, Premières Nations, préparation à l’école et à la vie, littératie et numératie, sciences, ingénierie et technologie.

Je crois que les utilisateurs du plan vont apprécier sa convivialité. Chaque objectif renferme une explication concrète de sa raison d’être et les domaines d’actions suggérés indiquent l’orientation souhaitée.

Par exemple, pour l’objectif de l’éducation à la citoyenneté, on indique que son développement doit permettre une meilleure compréhension de son rôle comme citoyen, de ses relations avec les autres et avec les institutions sociales. Parmi les domaines d’actions, on mentionne le développement de la pensée critique, l’accueil de la diversité, l’engagement envers une réelle citoyenneté à même la vie de l’école et l’engagement citoyen. Comme indicateur, on pense que 80% des élèves du secondaire devraient avoir eu une influence sur les décisions au sein de l’école. Et, 100% des élèves de 8e année et de 12e année devraient indiquer «accueillir la diversité sous toutes ses formes».

Je reçois aussi très favorablement les six conditions essentielles qui doivent être respectées afin que le Plan éducatif provincial se réalise. À mon avis, deux conditions se démarquent. D’abord, les parents doivent assumer la responsabilité de voir au développement de leurs enfants, avec l’aide et la collaboration du personnel scolaire.

Ensuite, la formation initiale et continue du personnel des écoles doit accompagner les efforts de changement. Le passage vers l’approche par compétences est un changement majeur. Mais pour que ce changement réussisse, le personnel des écoles doit recevoir la formation adéquate.

Il y a bien une autre condition qui n’est pas écrite dans le plan et c’est celle du financement adéquat. Il faudra que la ministre des Finances appuie son collègue à l’Éducation et au Développement de la petite enfance! C’est vraiment là qu’on verra la conviction du gouvernement à l’égard de la place qu’il accorde à l’éducation dans son programme politique.