L’été s’achève, c’est maintenant le temps de la rentrée politique

BERNARD THÉRIAULT

«Une ben bounne été», aurait simplement dit la Sagouine pour résumer l’état d’esprit des Néo-Brunswickois en cette fin de vacances estivales. Comme le veut la tendance depuis quelques années, le beau temps se fait attendre et, un peu comme pour se faire pardonner, nous offre un mois d’août incomparable.

Sur le plan touristique, les Québécois sont venus en masse nous saluer – et disons-le – nous apprécier. Car ils étaient partout et en grand nombre. Sur le plan économique, un peu pour donner raison aux voies ensoleillées de Justin Trudeau y’a beaucoup d’heureux cet été. Les pêcheurs de homard, surtout dans la Péninsule acadienne, se pincent pour être certains que l’abondance et les prix qui les ont finalement rejoints la même année ne sont pas qu’un rêve. Leur succès est si soudain que leurs leaders syndicaux, habitués à jouer les enfants pauvres de l’industrie, n’ont pas encore trouvé les mots pour définir le nouveau statut de leurs membres… Ensuite, il y a les crabiers et les crevettiers qui ont très bien fait également et qui continuent de générer une partie importante de l’activité économique de notre Péninsule acadienne. Pour les crabiers, dommage que quelques-uns d’entre eux n’aient jamais accepté le partage de la ressource avec les côtiers, donnant ainsi une image encore négative de ces pêcheurs. C’est un peu triste, car nos crabiers méritent mieux que cela. Un peu de relations publiques de leur part et ils redeviendront les héros de notre industrie des pêches. Petit bémol de cette fin d’été, c’est bien sur la crise qui secoue les producteurs de bleuets. Observe-t-on une crise de croissance de la part d’une industrie qui grandit trop vite ou doit-on prendre au sérieux les propos apocalyptiques de certains porte-paroles? Qu’importe qui a tort ou qui a raison, notre gouvernement provincial doit s’investir davantage afin de sécuriser ceux qui ont développé cette industrie d’une part, et donner aux résidants du Nouveau-Brunswick l’heure juste entre l’optimisme débordant de John Bragg et les annonces de fin du monde de Jean-Maurice Landry d’autre part. Même le gouvernement provincial s’en est bien tiré! Le premier ministre Gallant et ses ministres, souvent accompagnés des cousins d’Ottawa, ont dit les bonnes choses et surtout posé les bons gestes cet été.

Enfin, les fédéraux marchent toujours sur un nuage, même s’il faut reconnaître qu’il y a des décisions difficiles à prendre cet automne. D’abord, monsieur Trudeau est revenu nous voir le 15 août pour nous remercier, dit-il, de notre appui. Les annonces partout dans la province vont faire mentir Yvon Godin qui dit encore que rien n’a changé depuis l’élection. Oui, monsieur Godin, beaucoup de choses ont changé dans ce pays depuis un an!

Cependant, l’automne ne sera pas si facile, car l’élection américaine rendra difficile la résolution du conflit du bois d’œuvre et le gouvernement fédéral aura à travailler très dur pour convaincre le Canada central de la nécessité de l’oléoduc, tant attendu de ce côté-ci du pays! La Sagouine a encore le dernier mot quand elle nous dit que «ce  n’est pas d’avoir quelque chose qui nous rend heureux, mais c’est de savoir qu’on va l’avoir».

JEANNOT VOLPÉ

Le retour en classe et la chasse à l’orignal m’annoncent chaque année que l’été est terminé. De retour à mes chroniques hebdomadaires, je vais tenter de revoir ce que l’année 2016 a apporté du côté politique et économique et ce que nous réservent les derniers mois de celle-ci.

Le début de l’année 2016 a été marqué par l’arrivée au N.-B. du plus grand nombre d’immigrants par habitant au Canada. La justification économique étant que nous avons besoin de main-d’œuvre. Pourtant, en juillet 2016 le N-.B. avait le plus haut taux de sans-emploi au Canada, à l’exception de Terre-Neuve. Un bien piètre record. Alors qu’au nord-ouest du N.-B. des entreprises retardent ou annulent carrément des projets d’expansion en raison d’un manque de main-d’œuvre, le taux de sans-emploi atteint des niveaux records dans d’autres régions. Certains diront que les salaires ne sont pas assez élevés ou trop éloignés.

Alors, comment les immigrants vont-ils survivre à faire le travail que les travailleurs du N.-B. ne veulent pas faire et réussir à se nourrir, se vêtir et se loger dans le même environnement? Les travailleurs et les contribuables subventionnent la venue d’immigrants pour faire le travail que d’autres ne veulent pas faire et en plus subventionnent, à travers les programmes sociaux, les travailleurs qui refusent les mêmes emplois. Certains travailleurs disent même ne pas vouloir travailler l’hiver. C’est un modèle économique très libéral que favorisent certains élus aux dépens de la santé économique de la province et qui conduit directement à un gouffre financier.

L’été 2016 a aussi été marqué par une des plus courtes sessions législatives de l’histoire de la province sous un gouvernement libéral qui avait promis la transparence. Après deux ans au pouvoir, le plan économique, comme bien d’autres, est encore en consultation.

L’augmentation de 2% de la taxe de vente harmonisée, qui coûtera quelques centaines de millions $ aux contribuables du N.-B. et qui devait réduire la dette de la province, ne sera pas suffisante pour assouvir la soif de dépenser des libéraux. La dette continue d’augmenter et des discussions sont en cours avec les cousins libéraux fédéraux afin d’apporter une nouvelle source de revenus, soit une taxe sur le carbone, qui fera augmenter le prix de tous les produits de consommation. Par contre, les libéraux prévoient un rebond de l’économie grâce à la production de marijuana.

L’automne apportera la course à la direction du Parti progressiste-conservateur du N.-B. Il y a un engouement sans précédent, créé par le manque de leadership du gouvernement Gallant. Sept candidats et candidate sont dans la course. Il est à espérer qu’une fois élu(e), le ou la nouvelle chef du Parti progressiste-conservateur prendra les deux prochaines années à développer un plan économique, social et financier qui pourra être mis en oeuvre immédiatement après l’élection de 2018.

Le N.-B. est à un point critique et la population demande du leadership et de l’action.