Un enterrement de première classe

Avec une population qui vieillit à vue d’œil, on aurait pu croire que le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance du Nouveau-Brunswick ne rejetterait pas du revers de la main la principale recommandation de sa Commission d’étude sur les garderies. Tout en félicitant les membres de la Commission pour leur travail, Brian Kenny refuse de mettre fin à l’existence des garderies à but lucratif dans la province.

Les deux commissaires recommandent qu’à long terme le Nouveau-Brunswick devrait amorcer une transition vers un réseau de services de garderie éducatifs agréés sans but lucratif davantage financé par des fonds publics. C’est certes une recommandation ambitieuse compte tenu de l’état précaire des finances de la province, mais qui mérite mieux que d’être balayée sous le tapis.

Le N.-B., tout en misant sur une politique d’immigration vigoureuse pour pallier au vieillissement de sa population, se doit également de développer une politique familiale. L’accès à un réseau universel de garderies publiques comme au Québec constitue un élément clef d’une telle politique.

Les jeunes familles dont les deux parents sont sur le marché du travail doivent souvent faire des choix déchirants. Maintenir la vie professionnelle des deux parents ou renoncer à avoir des enfants faute de pouvoir bénéficier de l’appui de programmes gouvernementaux.

Le retour à la croissance économique de la province passe obligatoirement par une augmentation de sa croissance démographique. De plus, les pays ayant enregistré les plus importantes hausses de leur population ont également eu tendance à avoir une plus forte productivité.

Le Nouveau-Brunswick ne peut donc pas faire l’économie de la mise en place d’une politique familiale encourageant l’augmentation de la natalité. Sans renouer avec les familles nombreuses comme au siècle dernier, les gouvernements doivent faciliter, voire encourager, les naissances dans cette province.

Le recensement de 1961 indiquait que les moins de 25 ans constituaient 57% de la population du N.-B. alors que ce taux pour l’ensemble du Canada pour la même tranche d’âge était de 48%.

Quel contraste avec la situation actuelle!