Réflexion – Une drôle de saison…

Les joueurs des Commandos de Dieppe vivront une drôle de saison de hockey dans le circuit junior des Maritimes. D’abord, ils auront sur les épaules la pression d’atteindre la finale pour la coupe Kent pour une quatrième année consécutive. Admettez qu’une telle performance n’est pas commune et que nous ne sommes pas loin du mot «dynastie». Mais aussi, ils auront à vivre un hiver où sortiront de temps à autre des rumeurs de déménagement de l’équipe. Et ça, c’est plutôt dérangeant.

Le copropriétaire de la formation dieppoise, Jean-François Damphousse, a beau en avoir plein le dos de répondre aux questions des journalistes à ce sujet, il devra probablement s’y habituer. Il nous sera impossible d’éviter les allusions chaque fois que les Commandos traverseront une période creuse, qu’un problème va survenir dans cette longue saison de hockey ou que les derniers matchs de la campagne 2016-2017 approcheront.

Parce que ça va déranger l’équipe, aucun doute là-dessus.

Les coentraîneurs Frédérick Roy et Ryan Salvis auront tout un mandat sur les bras. Ils devront essentiellement préparer leurs joueurs à affronter l’adversité sur la patinoire, car il ne fait aucun doute que Dieppe sera attendue de pieds fermes partout où le club ira disputer la victoire dans les Maritimes. Mais ils devront aussi gérer le doute qui ne manquera pas de s’installer dans l’esprit de ses troupiers, dont plusieurs sont originaires de la grande région du Sud-Est. Jouera-t-on encore à Dieppe la saison prochaine?

Ne vous en faites pas, sur la patinoire, les Commandos seront encore une puissance de la Ligue de hockey junior des Maritimes. Sans faiblesses apparentes et assurément intimidantes par sa vitesse, ils devraient sans problème occuper le haut du classement de la division Nord.

Mais la question demeure entière: peu importe leur rendement, joueront-ils encore à Dieppe la saison prochaine?

Une chose est certaine: nous n’aurons la réponse qu’au printemps. Pas question d’annoncer un quelconque transfert pendant la présente campagne; ce serait tuer dans l’oeuf tout intérêt chez les partisans.

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La situation précaire des Commandos – et certainement de quelques autres équipes du circuit, dont les Tigres de Campbellton qui ont peiné pendant des années à attirer des foules suffisantes au Centre civique Memorial – démontre à quel point il est difficile de faire du hockey organisé élite dans nos communautés.

D’abord, parce que ça coûte cher, très cher. Les budgets d’exploitation peuvent varier de 200 000$ à jusqu’à 600 000$ dans le circuit junior des Maritimes. Ce sont des gros bidous, ça. Et comme l’argent ne pousse pas dans les arbres – et encore moins dans les arénas -, plusieurs équipes doivent une fois de plus faire des pieds et des mains pour terminer la saison avec au mieux un léger surplus financier, au pire plusieurs milliers de dollars en perte, en raison des voyages, de l’équipement, de la location de la patinoire et du salaire des entraîneurs.

C’est, fort malheureusement, une des réalités du hockey.

Selon Jean-François Damphousse, les Commandos, malgré trois présences consécutives en finale, ont essuyé des pertes de 15 000$ à 40 000$ par saison. De quoi jeter aux poubelles l’adage qui veut que les équipes gagnantes attirent les foules et sont les plus riches. Et de quoi décourager quiconque voudrait prendre la relève et poursuivre l’aventure dans la ville acadienne la plus populeuse de la province.

Il y a assurément quelque chose qui ne tourne pas rond quand, dans un environnement qui aime pourtant le hockey, tu parviens à peine à fermer les livres sans trop de rouge en bas des colonnes budgétaires malgré une équipe plus que compétitive.

On peut difficilement en demander davantage aux propriétaires, souvent aidés de valeureux bénévoles, qui cherchent par tous les moyens possibles et impossibles de faire fonctionner ces formations malgré leurs dépenses faramineuses. Ni aux entraîneurs qui doivent souvent enseigner avec des moyens réduits.

Ce serait également malhonnête de jeter la faute aux amateurs qui, avec leurs quelques dollars durement gagnés, doivent composer avec une offre importante uniquement dans le Grand Moncton.

Et qu’adviendra-t-il si le groupe d’Edmundston réussit à amener cette formation dans le Nord-Ouest afin d’occuper le nouvel amphithéâtre actuellement en construction? Aura-t-il les reins assez solides financièrement pour garder le club plusieurs saisons? Car il ne faut pas oublier que cette équipe aura à voyager davantage puisqu’elle sera la plus éloignée à l’ouest des Maritimes. J’espère qu’il a fait ses devoirs de ce côté.

Comme vous voyez, ce n’est pas si évident…

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Comment peut-on demeurer insensible devant le drame inexplicable qui a frappé dimanche? Un sapré bon gars s’en vient célébrer le mariage d’un chum à Caraquet. Il arrive en hélicoptère avec deux de ses bons amis. C’est la fête toute la fin de semaine. On s’en va pêcher le pétoncle au large de l’île de Caraquet. Puis il est temps de repartir. On salue une dernière fois les chums, en disant qu’on les aime. Puis on referme la porte de l’hélicoptère…

Les réseaux sociaux ont explosé de messages saluant la gentillesse et la grande générosité de Roberto «Bob» Bissonnette aussitôt son décès annoncé. Notre article rapportant les témoignages de ceux qui ont été les derniers à l’avoir côtoyé à Caraquet – juste à penser aux propos de Yan Rail qui a annoncé à la blonde du disparu le crash, j’en ai encore des frissons – a été vu plus de 50 000 fois et a été le texte le plus lu du journal sur notre site web pendant trois jours.

C’est tout à fait incroyable de constater à quel point Roberto «Bob» Bissonnette a su tisser des liens étroits avec autant de monde en si peu de temps à Caraquet. Malgré la catastrophe et la douleur, notre devoir de mémoire est de se souvenir des qualités de cet individu, un «aimant à ami», comme l’a si bien dit Brian Gionet.

Avec sa bonne humeur, sa fougue sur la patinoire, ses chansons et sa guitare dans le vestiaire, il s’est fait de nombreux amis pour la vie.

Pour la vie…