Pas de pompon, pas de problème

Le gouvernement de Brian Gallant s’est encore chamaillé avec la vérificatrice générale la semaine dernière.

Le différend qui l’oppose à Kim MacPherson porte sur le fonds de réserve de 100 millions $. Il s’agit d’un tour de passe-passe inclus dans le dernier budget et qui permet camoufler l’augmentation du déficit.

Les libéraux n’en sont pas à leur première prise de bec avec Mme MacPherson. Il y a un an, elle avait fait une sortie en règle pour dénoncer d’autres pratiques comptables. Ce n’est pas rien. Kim MacPherson n’est vraiment pas du genre à lancer des opinions en l’air.

En réaction à cette prise de position exceptionnelle, les troupes de M. Gallant ont fait la sourde oreille et n’ont pas changé leurs pratiques.

Une tendance se dessine. Depuis depuis son arrivée au pouvoir, ce gouvernement a une relation difficile avec les hauts fonctionnaires indépendants. Il semble être agacé par leur présence.

On se souvient qu’il a gelé leur budget au cours des deux dernières années, limitant ainsi leur puissance de frappe.

Cette décision faite au nom de le la rigueur budgétaire est plutôt curieuse puisque ces hauts fonctionnaires indépendants aident régulièrement le gouvernement à être plus efficace… et donc à dépenser plus judicieusement l’argent des contribuables.

Ces personnes brassent-elles la cage de temps en temps? Bien sûr que oui. Et c’est absolument normal. Elles ne sont pas là pour dire aux ministres qu’ils sont beaux, qu’ils sont bons et qu’ils sont fins.

Leur mandat n’est pas d’être des meneuses de claque plantées sur les lignes de côté et agitant leurs pompons rouges, ni de se peindre les lettres “B-R-I-A-N” sur la bedaine et de se contenter de suivre l’action de loin.

C’est à se demander si le gouvernement le comprend. Parce qu’en refusant d’écouter leurs conseils, comme il l’a fait la semaine dernière en boudant l’avis de Kim MacPherson, il se comporte plus comme un ado têtu et convaincu d’avoir tout appris que comme un adulte.