Pas de discipline sans amour avec un enfant

Chez les enfants, les deux besoins qui sont en tête de liste (si j’exclue les besoins physiques), selon moi, sont l’amour et la discipline. Dans cet ordre. L’amour est un besoin de base sans lequel un enfant peut périr. La discipline, lorsque toujours dirigée par amour, est inestimable. Les parents ont l’énorme privilège d’offrir ces deux composantes décisives à leurs enfants.

Parlons de l’amour pour un enfant

Un enfant a besoin de se sentir aimé, de s’aimer et d’aimer les autres. Un parent est censé être prêt à prodiguer de l’amour lorsqu’il choisit d’accueillir un enfant dans sa vie.

Une dame me décrivait sa relation avec ses enfants. Elle m’exprimait le sentiment de solitude et de déception qu’elle ressentait dans son rôle de mère. Cette dame n’avait jamais appris à pleinement s’aimer ou s’accepter elle-même. Elle offrait l’amour qu’elle avait à ses enfants, mais certaines attentes y étaient rattachées. Elle s’attendait, inconsciemment, qu’ils puissent combler certains de ses vides émotionnels.

La relation mère-enfant était relativement saine, mais la dame avait à transformer quelques-unes de ses pensées. Elle travailla sur son amour propre et elle élimina ses attentes. Ces changements «mineurs» menèrent à des relations plus authentiques et solides aujourd’hui.

Parlons de la discipline pour un enfant

Un enfant a besoin de liberté, de choix et d’individualisation – et la discipline peut encourager tout cela. Paradoxal vous dites? Ce à quoi je réponds: «Pas du tout». Un enfant cherche à avoir certaines balises; celles-ci le sécurisent. La sécurité émotionnelle chez l’enfant pose les fondations d’une forte confiance en soi.

La discipline a parfois mauvaise réputation et celle-ci est nettement justifiée lorsque l’on y mélange un excès de pouvoir et de punitions. (Je crois fortement aux conséquences, mais peu aux punitions.) Afin de rehausser l’image de la discipline, je vous offre sa définition selon mon copain Petit Robert. Discipline : Instruction, direction morale, influence. Effectivement, la discipline peut être très positive, tout dépend de comment on l’exécute.

La dame mentionnée précédemment relatait la difficulté qu’elle éprouvait à exercer de la discipline. Sans le savoir, elle avait une peur d’être moins aimée de ses enfants si elle devenait légèrement sévère ou exigeante avec eux. Elle tolérait que ses enfants lui parlent avec insolence ou qu’ils agissent de façon impolie.

En redéfinissant la discipline, elle a vu qu’il était important de diriger ses enfants vers des comportements bienveillants et responsables afin qu’ils puissent choisir cette voie. Comme mère, elle avait ce privilège de pouvoir influencer ses enfants à faire des choix qui les aideraient à devenir des adultes respectueux et intègres. Une période d’adaptation se fut sentir lorsque la discipline augmenta à la maison, mais avec le temps, il y eut plus de respect et d’entraide entre les membres de la famille.

Du temps bien investi

Une discipline adéquate requiert beaucoup de temps: le parent observe l’enfant, l’écoute, le questionne, le réoriente, lui montre les conséquences de ses choix, etc. De longs moments.

Les enfants se sentent valorisés par ce temps qu’ils reçoivent. Ça ne prend qu’un court instant pour tout permettre à un enfant. Mais qu’apprendrait-il? Ça ne prend qu’un court instant pour crier après un enfant ou lui donner une fessée. Mais comme dit l’auteur et psychiatre Peck, cela n’est que de la discipline indisciplinée. Il affirme aussi que, pour un enfant, le sentiment d’être valorisé est la pierre angulaire de l’autodiscipline et est essentiel à la santé mentale.¹ Développons la sécurité intérieure de nos enfants!

J’invite respectueusement vos partages et questions.

¹ Beck, S. (1978). The Road Less Traveled. New York: Simon & Schuster.

Défi de la semaine

Redéfinissez votre propre notion de discipline (avec vos enfants, élèves, petits-enfants, neveux, etc.). Pratiquez l’art de la direction morale.