Les pouvoirs de la vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick

BERNARD THÉRIAULT

Vous me connaissez assez bien pour savoir que je ne suis pas du genre à me désister devant mes responsabilités.

Contrairement aux conservateurs qui n’ont pas admis l’erreur qui a coûté plus de 600 millions $ aux contribuables dans le dossier de l’orimulsion, et qui nient avoir coûté des millions $ aux contribuables en signant des ententes moribondes dans le dossier du chantier maritime de Bas-Caraquet, j’admets d’emblée que le gouvernement de Shawn Graham doit prendre toute la responsabilité dans ce qui est désormais connu comme le fiasco Atcon.

Conséquences évidentes de ce dossier, le gouvernement Graham est renversé et dans un rapport du commissaire à l’éthique, le premier ministre défait est accusé de conflit d’intérêts, ce qui le force en quelque sorte à quitter son siège. Ceci dit, plaçons-nous dans le contexte de l’époque où des milliers d’emplois sont perdus dans la Miramichi avec la fermeture des papetières et seul le groupe Atcon tient à bout de bras l’économie de la région.

Un premier rapport de la vérificatrice générale, l’an passé, indique avec une certaine justesse que le gouvernement de l’époque a pris une mauvaise décision et qu’il faudrait être aveugle ou conservateur en crise de dénis pour ne pas reconnaître cela. Qui plus est, on reconnaît également qu’aucun politicien – incluant le premier ministre Graham – n’a retiré de bénéfice personnel de cette transaction. De surcroît on laisse entendre que la compagnie en question a fourni des chiffres erronés au gouvernement avant que celui-ci décide de les soutenir.

Compliqué diriez-vous? Et bien oui. Et pour en rajouter, la vérificatrice générale Kim MacPherson annonce, l’an dernier, qu’elle veut faire une enquête plus approfondie sur le dossier et que ses budgets ne lui permettent pas de financer un tel exercice. Elle fustige le gouvernement et l’Assemblée législative de lui donner le million de dollars nécessaire pour poursuivre cette enquête et, comble d’insubordination, elle poursuit son travail en faisant fi des directives de l’Assemblée législative, son véritable patron.

Pas de problèmes pour qu’elle fasse une enquête et que la vérité soit enfin connue dans ce dossier. Mais, que la vérificatrice générale n’obéisse pas aux directives de son employeur, ceci me semble un crime d’outrage aux élus qui n’est pas acceptable dans notre système parlementaire. Je vous ai déjà dit que l’apparition de ces super fonctionnaires qui ne sont redevables ni à Dieu ni au diable et qui se sentent soudainement portés aux nues par l’attention médiatique, m’inquiète au plus haut point.

N’importe quel fonctionnaire qui, par un geste de provocation, refuserait de suivre les directives de son employeur serait congédié sur-le-champ. Dans ce cas-çi on la considère comme un héros et entendons-nous que l’opposition sautera dans la mêlée pour accuser le gouvernement. Que justice et vérité soit connues dans le dossier Atcon mais que le power trip de la vérificatrice générale s’arrête immédiatement.

JEANNOT VOLPÉ

La vérificatrice générale du N.-B. a obtenu gain de cause à sa demande d’une augmentation de son budget afin de faire la lumière sur les 70 millions $ qui ont disparu dans le dossier libéral Atcon.

Certains hauts fonctionnaires remplissent pleinement leurs rôles et sont encore prêts à mettre le gouvernement au défi. Le bureau de la vérificatrice est là afin de s’assurer que l’argent des contribuables soit utilisé de façon ouverte, compréhensible et qui respectent les lois comptables. Sa demande de fonds additionnels afin de faire la lumière sur les montants disparus est légitime. L’argent des contribuables n’appartient pas à l’association libérale ou à ses partisans et c’est ce que la vérificatrice veut s’assurer. Les contribuables appuient la demande de la vérificatrice afin de s’assurer que leurs impôts sont dépensés pour livrer les services et non pour de la politicaillerie.

Le premier ministre Gallant infirme encore une autre décision d’un de ses ministres. Pourtant il est le président du conseil des ministres où les décisions sont prises. Il y a quelques mois, le premier ministre Gallant disait que la responsabilité du budget de la vérificatrice était la responsabilité d’un comité de l’Assemblée législative. Pourtant, il infirme maintenant la décision de son ministre responsable du comité qui disait, il y a quelques jours, que la vérificatrice devait vivre avec son budget actuel et pas question d’augmentation. Sans aucune réunion de comité de l’Assemblée législative responsable du budget, une décision est infirmée par le premier ministre Gallant.

Il faut aussi mentionner que la vérificatrice n’accepte pas le genre de comptabilité créative du gouvernement Gallant. Elle dénonce l’utilisation d’un fonds de réserve de 150 millions $, emprunté et qui sert à éponger un déficit de plus en plus grand. Ceci n’est que du camouflage et ça ne respecte pas le protocole de saine comptabilité d’après la vérificatrice générale.

La ministre des Finances, Cathy Rogers, n’est qu’une façade alors que Roger Melanson prend les décisions. M. Melanson ainsi que Mme Rogers ont même mentionné à quelques reprises que le genre de fonds de réserve utilisé a déjà été employé par le gouvernement Lord, ce qui est totalement faux.

Le gouvernement Lord voulait utiliser une partie d’un SURPLUS afin de créer un «rainy day fund» qui servirait en cas de défi financier dans l’avenir, comme le font les municipalités. Le vérificateur général à l’époque, Michael Ferguson, a demandé que l’argent utilisé soit noté comme un surplus dans l’année en cours, produisant une réduction de la dette, et que chaque année soit séparée clairement, ce qui a été fait.

Les libéraux par contre ont un DÉFICIT et empruntent un montant afin de financer un autre déficit annuel qui continue d’augmenter. C’est ça de la comptabilité créative.

Les menteurs peuvent chiffrer, mais les chiffres ne mentent pas, et de là l’importance d’avoir une personne comme la vérificatrice générale pour nous rassurer.