Une bouteille au frais

Qui l’eut cru? Deux ans après son arrivée au pouvoir, Brian Gallant est toujours en bonne posture.

Son C.V. était pourtant bien maigre lorsqu’il a succédé à David Alward. Il n’avait ni une longue feuille de route en politique, ni un parcours professionnel très impressionnant.

Ce n’était vraiment pas gagné d’avance. Il aurait très bien pu se casser les dents.

Aujourd’hui, on doit reconnaître que malgré les hauts et les bas, malgré les faux pas et les gaffes, il est toujours debout. Son bilan n’est pas affreux.

Les sondages lui sont tellement favorables qu’il peut même rêver à un deuxième mandat.

Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Le calme qui règne en ce moment est fragile.

Il faut dire que depuis la démission de David Alward, les libéraux ne sont pas trop inquiétés à l’Assemblée législative. Bruce Fitch tient le fort comme il le peut, mais l’opposition officielle demeure un peu en dormance en attendant l’élection d’un chef à part entière.

La donne changera cependant à la fin octobre. L’arrivée d’un nouveau ou d’une nouvelle leader devrait donner une bonne dose d’énergie aux progressistes-conservateurs. Il reste à voir si ce sera effectivement le cas ou s’ils se ramasseront avec un pétard mouillé qui ne fera qu’ouvrir la voie à la réélection des libéraux.

Et puis, bien des choses peuvent se passer d’ici à 2018. Deux ans, c’est une éternité en politique provinciale.

L’économie pourrait piquer du nez. Le projet fétiche des libéraux, l’oléoduc Énergie Est, pourrait tomber à l’eau.

Ils pourraient se mettre le doigt dans l’oeil jusqu’au coude en se lançant dans un grand projet contre la volonté de la population, comme l’a fait Shawn Graham en tentant de vendre Énergie NB.

Cela dit, on s’entend que ça va plutôt bien pour les libéraux, à deux ans des élections.

Il est encore trop tôt pour qu’ils puissent sabrer le champagne. Mais ils peuvent tout de même mettre une bouteille au frais quelque part dans leur sous-sol. Juste au cas où.