Ces vieilleries qui nous attirent

J’aime consulter le site Kijiji à l’occasion, simplement pour regarder ce que les gens mettent à vendre. L’exercice ne manque jamais de rafraîchir la perspective socio-économique que j’ai de mon milieu.

C’est après avoir vu un meuble en vente sur Kijiji cet été que je me suis rendue au centre Enviro-Plus, sur le boulevard Baig, à Moncton. J’aime particulièrement faire affaire avec ce commerce, qui a aussi le mandat d’aider des gens marginalisés à acquérir des compétences en vue de retourner sur le marché du travail. Chapeau à Léo Johnson et toute son équipe pour cette louable initiative!

Une fois sur place et ayant fait le tour des étalages, je me rends compte que l’article que je cherchais n’y est plus. En me renseignant auprès d’un employé, j’apprends qu’il vient tout juste d’être vendu. Zut alors!

Je continue néanmoins de regarder un peu, mais rien d’autre ne m’attire vraiment… jusqu’au tout dernier moment, alors que, sur le point de sortir du bâtiment, j’aperçois deux vieux fauteuils vraiment mignons, de style vintage. Revenant sur mes pas, j’en fais le tour, m’y assois, en refais le tour… ils sont terriblement tentants, mais pas faciles à transporter. Quand même, je décide finalement de les prendre et les paie sur-le-champ.

Le jour suivant, je reviens avec quelques outils dans l’espoir de démonter les chaises pour les faire entrer dans ma voiture. Pendant que j’y suis, j’apprends qu’elles ont été apportées par quelqu’un de la région de Shediac. Étonné de l’émoi que les chaises suscitèrent, l’individu leur expliqua que l’ensemble comptait aussi un divan, mais, croyant que personne n’en voudrait, il l’avait tout simplement laissé au bord de la route pour le ramassage des ordures.

L’homme raconta que son épouse et lui avaient acheté ce mobilier de salon en 1955, mais que, cette année, sa femme s’en était définitivement lassée. Vous vous en rendez compte? Garder un ensemble de salon pendant 60 ans?

Les employés d’Enviro-Plus incitèrent le donateur à leur apporter le divan aussi. Mais, de retour chez lui, plus de divan. Quelqu’un l’avait déjà pris.