Réflexion – Une patience d’ange

Je le dis et je le redis: je n’ai pas ce qu’il faut pour être entraîneur. Pour de multiples raisons, et non les moindres. Mais la principale est que je n’ai pas la patience pour enseigner aux jeunes l’art et les subtilités du sport.

J’ai déjà essayé. Je vous le jure. À la balle molle, mon règne «de terreur» n’avait même pas duré deux semaines. C’est vous dire. Au tennis aussi, le temps d’un cours qui aura duré une semaine. Et là aussi, mon taux de réussite n’a pas été très élevé.

Pourtant, j’avais les outils en mains. La technique et les éducatifs pour bien enseigner. Mon expérience aussi dans le domaine. Je pouvais ainsi démontrer, avec divers exemples que j’avais moi-même vécus, l’utilité ou non d’un tel mouvement ou d’une telle stratégie selon telle circonstance.

Je pensais pouvoir bien m’en sortir.

Je me suis mis un doigt dans l’oeil jusqu’au coude, pensez-vous?

Non… jusqu’à l’épaule.

Il m’a fallu un certain temps pour ravaler mon orgueil froissé et comprendre pourquoi, à «armes égales», je ne pouvais pas me distinguer au même niveau que d’autres entraîneurs. Jusqu’au jour où, en tant que parent d’une fille très sportive, j’ai les vus agir d’un oeil différent.

C’est là que j’ai rapidement compris qu’ils avaient quelque chose que je n’avais pas.

Une patience d’ange.

Vous riez? Moi non. Je les voyais répéter et répéter les mêmes enseignements, les mêmes consignes, les mêmes encouragements en me demandant comment ils pouvaient y arriver sans péter une coche. Sans jamais même monter le ton. Sans jamais se prendre pour d’autres. Sans jamais agir avec mépris. Que ce soit pendant un entraînement ou une course, ils délivraient leur message avec une telle passion et ils semblaient tellement convaincus que je ne pouvais faire autrement que d’admirer leur engagement.

En cette Semaine nationale des entraîneurs, il est certes important de comprendre comment ils fonctionnent dans ce milieu pas facile qui est de travailler avec des jeunes. Nous devons aussi les remercier pour tout le temps qu’ils donnent bénévolement ou à une salaire minuscule à l’éducation sportive de nos enfants.

Cette semaine, la région Chaleur en a honoré six. Et avec raison. Ils sont dévoués et, de par leur engagement, ils ont fait progresser nos jeunes et le sport. Je suis convaincu que chaque région du Nouveau-Brunswick possède de ces hommes et de ces femmes qui honorent, par leur comportement, le valeureux métier d’entraîneur.

Bien entendu, ils ne sont pas parfaits. Certains ont dévié, en utilisant à mauvais escient ce poste d’autorité. Nous ne pouvons pas ignorer ce qui s’est parfois passé de mauvais car il est de notre rôle, en tant que parent, de demeurer vigilant.

Mais nous devons tous – moi le premier – admirer avec quelle patience ils accomplissent cette tâche année après année, saison après saison, tournoi après tournoi, course après course, entraînement après entraînement.

Une patience d’ange, je vous le dis…

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Comme beaucoup d’amateurs de hockey, je suis avec attention la Coupe du monde qui se joue présentement à Toronto.

Mais comme beaucoup d’amateurs de hockey, je me demandais bien ce que les Européens en avaient à cirer de ce tournoi construit pour le Canada par la Ligue nationale de hockey, qui rêvait ouvertement d’une finale contre les Américains.

Les Finlandais ont déçu. Les Russes se sont traînés les patins, mais ils seront néanmoins en demi-finale. Les Suédois ont été égaux à eux-mêmes, c’est-à-dire fades. La République tchèque n’aura fait que passer. Et que dire de la troupe américaine, assurément la déception majeure dans cette confrontation internationale. Est-ce qu’ils voulaient réellement jouer pour John Tortorella, cet entraîneur-chef pour le moins colérique? Poser la question…

Cela ne veut pas dire pour autant que cette compétition est sans intérêt. J’ai beaucoup aimé suivre les exploits d’Équipe Amérique du Nord. Avec leur vitesse et leurs habiletés exceptionnelles, les McDavid, Matthews, MacKinnon, Gaudreau, Ekblad et compagnie ont clairement démontré que la LNH n’a pas à craindre un manque de talent dans les prochaines années qui verront l’arrivée d’un club à Las Vegas.

Sans oublier Équipe Europe, ce ramassis de joueurs que l’on ne voulait pas, mais qui a fait fi des pronostics.

Je me suis même permis à rêver d’une finale Amérique du Nord-Europe…

Dommage que la bande à Ovechkin n’a pas voulu «collaborer» jeudi, en défaisant la Finlande. Il aurait été intrigant de voir de quel bois Équipe Amérique du Nord se serait chauffé en demi-finale face aux Canadiens. Shea Weber, la neuvième merveille du monde selon TVA Sports – la huitième étant bien entendu Carey Price… – aurait probablement trouvé que ça va pas mal vite autour de lui.

Reste maintenant à Équipe Europe de jouer un peu plus les trouble-fête.

Tout ça pour dire qu’on va certainement s’ennuyer quand, un bon soir de novembre à Columbus…

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Parlant de hockey, la saison de la Ligue de hockey junior majeur du Québec prend son envol en fin de semaine.

Que peut-on souhaiter pour nos équipes néo-brunswickoises? Du succès sur la patinoire, évidemment, ce qui ne devrait pas être un problème à Bathurst (enfin!), à Moncton et à Saint-Jean. Mais aussi du succès aux guichets, en cette période plutôt difficile au chapitre des assistances dans tout le circuit Courteau.

Les amateurs ont délaissé la LHJMQ depuis quelques années, principalement en raison d’un manque flagrant de vedettes pour vendre le produit. Même les Wildcats de Moncton, avec le spectaculaire Conor Garland, n’arrivaient pas à faire courir les foules.

Avons-nous trop d’équipes? Par le fait même, le talent est-il trop dilué? Les partisans sont-ils lassés de payer le prix fort pour voir évoluer un groupe de joueurs somme toute assez moyens, étouffés dans l’aridité de systèmes défensifs qui enlèvent toute imagination sur la glace?

En gros, devrions-nous avoir une bonne réflexion sur comment doit se jouer le hockey pour raviver la flamme des amateurs?

Poser la question…