Courir et souffrir pour le plaisir…

Il faut vraiment avoir envie de souffrir…

La récente Classique de cross-country de l’Université de Moncton a donné lieu à un spectacle de première qualité, mais aussi à plusieurs belles démonstrations de courage.
Plusieurs athlètes, blessés ou malades, se sont quand même présentés à la ligne de départ.
Pas question de manquer le rendez-vous.
Certains ont dû se rendre à l’évidence et abandonner en cours de route.
Ils et elles auront cependant quitté Moncton sans aucun regret.
Ils et elles ont tenté l’impossible.
Et même chez ceux qui ont rallié la ligne d’arrivée, on a pu constater l’ampleur de l’effort exigé par une course absolument éreintante.
Ils sont nombreux à avoir dû dire adieu à leur petit déjeuner après un effort surhumain.
Pas étonnant que les arbres du campus soient en si bonne santé.
Mais pourquoi donc tous ces athlètes acceptent-ils de pousser leur effort jusqu’à la limite, parfois même au-delà?
La réponse est fort simple.
Et c’est la même que pour ceux et celles qui montent sur un ring de boxe ou dans une cage d’arts martiaux mixtes.
Tout simplement parce qu’ils aiment leur sport.
Pour les non initiés, le régime de vie, les innombrables heures d’entraînement, les blessures, la stricte nutrition ou les courtes nuits de sommeil peuvent sembler un tantinet exagérées et pas du tout attrayantes.
Mais pour ces guerriers de la forme physique, c’est un mode de vie, un art qu’ils perfectionnent depuis leur plus tendre enfance.
Ce ne sont pas des sacrifices qu’ils s’imposent, mais seulement des critères de préparation, des étapes vers le succès.
Ça peut sembler difficile à comprendre pour les patates de divan de ce monde, mais ces jeunes hommes et femmes s’éclatent vraiment sur une piste boueuse et penteuse de cross-country.
Pires sont les conditions, le plus heureux ils sont!
Plusieurs athlètes se permettent même de faire des saluts de la main, des sourires, un brin de jasette ou même une petite pose à la Popeye pour les photographes en passant devant leurs entraîneurs et supporters.
Le sourire qu’ils et elles ont dans le visage ne laisse aucun doute sur la dose de plaisir qu’ils sont en train de vivre.
L’aspect fraternel de ce sport est également quelque chose de remarquable.
Jérémie Pellerin, des Aigles Bleus de l’Université de Moncton, parlait même des parents de ses compétiteurs des autres équipes qui l’encourageaient chaque fois qu’il passait devant eux.
Parce que voilà l’essence même de cette discipline.
Oui, il y a des temps, des victoires, des défaites et des podiums, mais il y a surtout le dépassement de soi.
Parce que le véritable adversaire de ces hommes et ces femmes, ce sont eux et elles-mêmes.
Les médailles, c’est seulement pour le spectacle, juste pour décorer le sous-sol.
La véritable victoire de ces athlètes élites, ce sont ces petites secondes ou même ces dixièmes de seconde qu’ils et elles retranchent à leur meilleur temps personnel.
C’est l’essence même du sport et ces athlètes universitaires nous en donnent la preuve chaque fin de semaine de cette belle saison automnale. n