Réflexion – Courir pour lire: une association parfaite

Le sport pour le sport, c’est déjà bien. Le sport pour une cause, c’est encore mieux. Nous en aurons une nouvelle preuve dimanche, avec Courir pour lire à Moncton. Plus de 3000 participants démontreront qu’avec la course, il est possible d’améliorer l’alphabétisation dans la province.

C’est devenu un rendez-vous annuel des plus prisés, à un moment de l’automne qui nous annonce inévitablement la venue de l’hiver – joie pour certains, déprime pour d’autres.

Ils marcheront ou ils courront, telle une vague humaine encore plus impressionnante que le mascaret dans la rivière chocolat, non seulement pour la santé physique, mais aussi pour la santé intellectuelle de nos jeunes à travers la littératie.

Quel bel engagement, n’est-ce pas? Et quelle belle association aussi.

Le sport est un outil exceptionnel malheureusement pas assez exploité pour la promotion de diverses causes sociales. Parce qu’il est lui-même un élément positif de la société, quoi de mieux que des hommes et des femmes qui se sont pris en main, qui ont relevé un défi personnel ou collectif et qui ont mis de côté l’oisiveté pour une meilleure forme et une meilleure santé physique et mentale.

Dimanche, ils seront plus de 3000 à nous envoyer ce puissant message. En fait, deux. Le premier, c’est bien entendu la santé. Vous ne trouverez personne avec la baboune à la ligne de départ, malgré le mauvais temps qu’on annonce. Le sport, c’est bon et ça rend de bonne humeur en plus.

Le deuxième, c’est un engagement ferme vers l’amélioration du niveau de lecture chez nous, à commencer par ces jeunes qui font la magnifique découverte des mots et de leurs significations. Un outil qui leur sera utile toute leur vie.

Des deux côtés, nous tirons malheureusement de la patte. La population néo-brunswickoise doit composer avec un taux d’obésité nettement supérieure à la moyenne nationale. La restauration rapide fait des affaires d’or près de nos écoles secondaires, à coup de hamburgers, de hot-dogs, de pizza et de poutines aussi riches en calories qu’ils sont pauvres en nutriments. À un point tel que l’espérance de vie de nos enfants est inférieure à la nôtre. C’est grave. Et inquiétant.

Et que dire de la littératie. Les statistiques sont troublantes. Le taux d’alphabétisme dans la province ne s’améliore pas, loin de là. Et ça ne touche pas seulement nos adultes. Nos jeunes, qui ont pourtant tout ce qu’il faut à la portée de la main pour rehausser ces chiffres, peinent à écrire des messages cohérents, tellement ils sont hypnotisés et conditionnés par tous ces textos de ce téléphone que l’on dit pourtant intelligent.

Depuis 2000, quand un petit groupe de bénévoles a eu cette brillante idée de lancer le projet de Courir pour lire, on peut au moins croire que la cause de la littératie n’en est pas une perdue d’avance. Bien entendu, il faudra un certain temps pour en voir les effets positifs, mais ils viendront, c’est indéniable.

En fait, la lecture, c’est comme le sport dans le fond. Plus on la pratique, mieux on se sent, plus on l’aime et plus on veut explorer.

Courir et lire, quelle association parfaite!

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L’automne, c’est aussi la période du vaccin contre la grippe. Mais cette année, c’est différent. Oubliez le H1N1, la grippe aviaire ou tous ces virus qui risquent de vous clouer au lit pendant 24 à 48 heures.

Non. Cette année, il y a pire. Il y a le virus Carey Price.

Jamais grippe d’homme n’aura été aussi couverte par les médias montréalais. Chaque jour, nous avons eu droit à un compte-rendu complet sur l’état de santé du joyau du Canadien de Montréal.

Carey toussait? Les partisans toussaient avec lui. Carey faisait de la fièvre? Les partisans faisaient de la fièvre avec lui. Carey souffrait d’étourdissements? Les partisans étaient étourdis.

Une chance que nous avions sur place, dans ce vestiaire parsemé de millions de microbes de ce virus dévastateur, de braves journalistes affectés à la couverture du Canadien. Un peu plus et ils se présentaient avec des masques respiratoires après les entraînements.

Comme acte de bravoure, on peut difficilement trouver mieux.

Si vous l’attrapez, le virus Carey Price va vous épuiser pendant deux semaines, rien de moins. Vous demeurerez cloué au lit, à probablement souffrir le martyre. Cette grippe-là, elle est bien maligne.

Sauf que n’attendez pas une meute de journalistes à votre porte à s’enquérir de votre état de santé…

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L’automne, c’est aussi le baseball. À travers les couleurs des arbres, il y a cette petite balle blanche qui parvient, malgré la perte de nos Expos en 2004, à encore nous émouvoir, gracieuseté des Blue Jays de Toronto.

L’année dernière, il y a eu cette fameuse septième manche du cinquième match de la série de division face aux Rangers du Texas. Jose Bautista qui lance son bâton dans un geste dramatique après avoir cogné un circuit.

Cette année, Edwin Encarnacion refait le coup en prolongation dans le match du quatrième as. L’attaque qui fonctionne à plein régime dans la série de division face à ces mêmes Rangers. La panne sèche et ces bâtons silencieux en série de championnat devant des Indians de Cleveland qui en ont fait juste assez pour gagner.

Et il y a Russell Martin. Il est devenu le quatrième joueur de l’histoire du baseball majeur à cogner un circuit en séries éliminatoires avec quatre équipes différentes. En 11 saisons, il a atteint neuf fois les rondes éliminatoires. Ce n’est pas rien.

Mais on peut aussi voir cette statistique sous un autre angle: en neuf présences en séries, il n’a jamais atteint la Série mondiale…