Blaine Higgs, un cadeau aux libéraux

En choisissant Blaine Higgs comme chef, les progressistes-conservateurs viennent d’offrir les élections de 2018 aux libéraux sur un plateau d’argent.

Les jeux ne sont pas encore faits, mais ça s’annonce très ardu pour eux.

Loin de moi l’idée de dire que le nouveau venu est un deux de pique. Au contraire, il a plusieurs cordes à son arc.

Cet ex-ministre des Finances est doté d’une solide expérience tant au sein du gouvernement que dans le secteur privé et il maîtrise ses dossiers.

Et pour l’avoir interviewé à plusieurs reprises au cours des dernières années, je peux vous dire qu’il est fort sympathique.

Tout cela est très attrayant pour la base militante du parti.

Mais Blaine Higgs a de grands défauts: il ne parle à peu près pas français et n’a pas, par le passé, été très enclin à adopter des positions que l’on pourrait qualifier de francophiles.

Ça risque de donner des maux de tête aux progressistes-conservateurs, qui doivent faire des gains dans quelques circonscriptions francophones s’ils veulent espérer tasser les libéraux en 2018 sans avoir à balayer le reste de la province.

N’oublions pas que leur piètre performance dans les régions francophones leur a coûté très cher en 2014. Ils auraient peut-être pu s’enfuir avec la victoire s’ils n’avaient pas échoué dans quelques circonscriptions clés.

Blaine Higgs a promis d’apprendre le français d’ici aux élections. Ce sera malheureusement trop peu, trop tard.

Son parti avait besoin d’un leader bilingue, sensible à la réalité des Acadiens et prêt à prendre la route immédiatement pour tenter de reconstruire les ponts avec eux.

Le nouveau chef a beau être sympathique et avoir une longue feuille de route, il aura beaucoup de difficulté à percer dans les communautés acadiennes (et brayonnes).

Les libéraux auraient eu des sueurs froides si les progressistes-conservateurs avaient opté pour une personne bilingue, plus jeune, plus francophile et plus progressiste que lui.

La victoire de Blaine Higgs est presque le scénario idéal pour Brian Gallant et son équipe. À moins d’une catastrophe ou d’un faux pas de l’ampleur de la vente avortée d’Énergie NB, ils peuvent dormir tranquilles.