La course à la direction du Parti progressiste-conservateur se termine

NDLR: Ce texte a été publié dans notre édition papier samedi, avant le vote du congrès à la chefferie.

BERNARD THÉRIAULT

Qui aurait pu croire que la course à la présidence de la SANB puisse susciter plus d’intérêt que celle qui

va aujourd’hui aboutir au choix du chef du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick?

En effet, je soupçonne que la majorité des lecteurs de cette chronique, pour qui la politique est toujours un sujet d’intérêt, ne changeront pas leur horaire aujourd’hui pour suivre le vote chez les bleus. Sept candidats se font la lutte et il est toujours difficile à ce stade de prévoir qui sera le gagnant.

Dans une course avec un si grand nombre de candidats, la rendant difficilement prévisible, il faut envisager que personne n’atteindra la majorité des voix au premier tour. Je serai téméraire en tentant ce matin de faire des prédictions sur ce scrutin.

Commençons par la fin et éliminons d’abord ceux et celles qui n’ont pas de chances. Mes deux premiers départs seront donc ceux de Jean Dubé et de Jake Stewart. Le premier parce qu’il est entré tard dans la course et qu’il s’est aliéné l’élite du parti en critiquant les règles de la convention, et le deuxième parce qu’il est de loin le plus anti-francophone et le plus à droite du peloton, faisant de lui quelqu’un de peu attrayant pour un parti qui vise le pouvoir. Je ne donne pas cher également pour les chances de Monica Barley, qui au départ m’impressionnait, mais qui durant la course n’est pas sorti du peloton par ses idées et son organisation.

Pour reprendre une expression du tennis, regardons le carré d’as, c’est-à-dire les quatre candidats parmi lesquels on devrait élire un chef un peu plus tard ce soir. Brian Macdonald, celui qui selon moi donnerait le plus de fil à retordre aux libéraux, ne se rendra pas en finale, d’abord parce qu’il n’est pas connu, et ensuite parce qu’il agit dans l’ombre de Mike Allen, l’ancien député fédéral. Quant à Allen, ses années Harper ne l’aideront certainement pas et, malheureusement pour lui, il devra quitter la course avant le dernier tour. Ce qui nous laisse comme finalistes les deux candidats de Saint-Jean. Mel Norton serait, selon certains analystes, en tête chez les militants conservateurs, mais il serait talonné de près par Blaine Higgs, cet ancien ministre des Finances, ancien membre du CoR qui ne sait dire ni oui ni non en français. Ce scénario, s’il se confirme, va avantager largement Blaine Higgs qui, selon moi, sortira gagnant de cette course, puisqu’il semble avoir plus d’appuis comme deuxième choix que son adversaire Norton. La sortie cette semaine de la liste des membres confirme la faiblesse du parti chez les francophones et l’élection de Higgs ou de Norton n’arrangera en rien cette situation. Entre temps, je me donne jusqu’à demain soir pour trouver qui sont les huit conservateurs restants à Caraquet! Je n’en connais que quatre!

La victoire de Higgs serait en quelque sorte la victoire des libéraux. Un candidat unilingue anglais venant de Saint-Jean, que diantre voulez-vous de mieux?

JEANNOT VOLPÉ

Qui sera le ou la nouvelle chef du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick? C’est ce que décideront les 7465 délégués de toute la province, un nombre sans précédent, parmi un choix, aussi sans précédent, de six candidats et une candidate.

Le congrès se tiendra à Fredericton, avec des sites satellites aux quatre coins de la province. Les sept aspirants, dans cette course à la direction, ont visité toutes les régions de la province afin de convaincre des partisan(e)s de longue date, ou encore d’attirer de nouveaux membres qui en ont déjà assez du gouvernement actuel.

Alors que des candidats parlaient d’enjeux locaux ou plus sensibles à des groupes cibles, d’autres ont démontré une vision plus provinciale. Certains ont une approche conservatrice alors que d’autres sont plus progressistes-conservateurs. Le dossier de la langue et de la dualité dans certains services, ainsi que certains aspects de la loi sur les langues officielles, ont été plus importants à certains endroits, selon les candidats. Des candidats ont utilisé le processus afin de mieux se faire connaître et améliorer leurs chances pour l’élection de 2018. Même si le pourcentage d’appui est moins élevé pour certains candidats, la possibilité de former des alliances leur donne une importance stratégique.

La personne qui aura l’appui du plus grand nombre de délégués sera nommée chef du parti, même si ces appuis sont concentrés à quelques endroits. Selon les plus récentes données, Mel Norton serait le meneur avec une légère avance sur Blaine Higgs, suivi de Mike Allen et de Monica Barley. Messieurs Macdonald, Stewart et Dubé complètent la liste. Les trois candidats ayant le moins d’appui pourraient faire alliance avec un des meneurs au premier tour. Par contre, un deuxième tour forcera des alliances entre les quatre candidats de tête.

Des deux candidats de tête, Mel Norton est celui qui est le plus progressiste-conservateur et il a une approche centrée sur la population. Ses positions sur les langues officielles, l’importance de l’aspect rural et d’une province unie ouvrent des possibilités d’alliance. Blaine Higgs, par contre, a démontré une approche clairement conservatrice et une position plus ambiguë sur les langues officielles et des appuis principalement dans la région de Saint-Jean. Mike Allen semble aussi avoir des appuis moins provinciaux. Monica Barley semble avoir atteint son maximum d’appuis possibles. Son manque d’expérience, ainsi que le fait qu’elle soit de Moncton, limite ses possibilités d’alliance.

Si la tendance se maintient, Mel Norton pourrait l’emporter au deuxième tour. Toutefois, les discours et les alliances de dernière minute, ce samedi, pourraient encore modifier les résultats alors que les indécis prendront position.

La personne choisie aura la tâche de former une équipe et une plateforme électorale qui pourra convaincre la population du N.-B. que le Parti progressiste-conservateur est la meilleure alternative pour arrêter les libéraux de Brian Gallant de détruire l’avenir de la province et de nos enfants.