Pourquoi s’illusionner?

 

Êtes-vous très honnête avec vous-même? Oui, dites-vous. Bien sûr, vous l’affirmez. Mais, posez un regard bien perspicace sur comment vous menez votre vie. Avez-vous déjà remanié votre opinion, juste un peu, afin de plaire à autrui? Les paroles qui s’échappent de votre bouche sont-elles fidèles à vos pensées? Est-ce que vos valeurs sous-tendent vos actions?

Nous mentir à nous-mêmes semble être une solution facile. Nous mentir nous permet d’éviter des circonstances qui risquent de nous rendre mal à l’aise (même si c’est uniquement dans notre tête hyperactive). Mais, nous mentir nous prive de nous connaître nous-mêmes, de nous sentir authentiques. Aucun mensonge, si petit soit-il, n’est anodin.

▸ Tenter de se convaincre soi-même

Pascal converse avec un ami au sujet d’une présentation à laquelle il souhaite assister.

Pascal: «La présentation au collège a lieu ce soir, tu te souviens?»

L’ami: «Ah! Cet événement me semble ennuyeux après tout. Ça ne vaut pas la peine d’y aller.»

Pascal: «Je suppose que c’est vrai. Nous ferions peut-être mieux d’oublier l’affaire.»

Pascal se ment, inconsciemment, s’accommodant à la position de l’autre. Il se convainc alors qu’il ne voulait pas réellement y aller et parvient enfin à s’en persuader.

▸ Des actions qui infirment ses valeurs

Racheline, mère de famille, dit à qui veut l’entendre que la famille est ce qu’il y a de plus important dans ce monde. Pourtant, elle passe peu de temps avec sa famille, se retirant dans sa chambre, invoquant de la fatigue ou un «mal de tête» (euphémismes pour «désintérêt»). Aussi lorsque Racheline se querelle avec sa sœur, elle interdit à ses enfants de côtoyer leurs cousins.

Fréquemment, les actions de Racheline ne reflètent pas ses valeurs. Nous sommes humains, j’en conviens, et nous dévions parfois de notre chemin. Néanmoins, si nos actions quotidiennes démentent nos valeurs, il serait bon d’être honnêtes avec nous-mêmes soit en modifiant nos valeurs, soit en adaptant nos actions.

▸ Se trahir soi-même

Nous rationalisons souvent nos «petits mensonges», prétextant que «ce n’est pas grave» d’en prononcer. Nous ne voulons surtout pas déplaire! Ce faisant, nous sommes vagues avec nos idéologies: nous n’osons pas assumer nos vérités ni nos aspirations.

Certes, regarder la vérité en face n’est pas chose facile. Mais il y a des contrecoups à subir lorsque nous reculons devant le défi: nous ne vivons pas à fond et nous trahissons notre être authentique.

▸ Je voudrais donc…

Bourbeau nous dévoile les sens réels de certaines phrases communes, démontrant le pouvoir des paroles. «Si tu dis, par exemple: je voudrais donc parler anglais!, tu es en train de dire: Je veux parler anglais, mais j’ai peur de ne pas être capable de l’apprendre. Par le seul fait de penser ou de dire: Je ne suis pas capable, tu bloques l’énergie qui te permettrait d’apprendre l’anglais.»¹

Au lieu de nous leurrer, ne serait-il pas plus vrai de simplement dire «je ne veux pas…» ou bien «je veux…»? Ayons le courage de reconnaître nos vérités! n

J’invite respectueusement vos partages et questions.

¹Bourbeau, L. (1988). Qui es-tu? Montréal: Éditions E.T.C inc., p.52.

Défi de la semaine

Prenez un moment chaque soir pour évaluer votre honnêteté envers vous-même: les moments où vous avez tenté de vous glisser des petits mensonges et les moments où vous avez su être très honnête. Je répète: aucun mensonge, si petit soit-il, n’est anodin.