PC: un congrès désastreux

C’est finalement au troisième tour que Blaine Higgs, un ancien membre du CoR et unilingue anglophone, a réussi à s’emparer de la direction du parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick. Entre le premier et le troisième tour, 50% des votants avaient déserté les lieux d’un congrès qui s’est terminé en queue de poisson.

C’est Mike Allen qui aura été le faiseur de rois de ce congrès à la chefferie. Complètement au diapason avec Blaine Higgs sur les questions du bilinguisme et de la dualité, celui-ci a apporté au troisième tour son appui au vainqueur.

Contrairement aux troupes de Monica Barley dont la majorité des délégués avaient fui les lieux du congrès pour ne pas soutenir Mel Norton au troisième tour, les partisans de Mike Allen ont fait pencher la balance du côté de Blaine Higgs.

Le roitelet de ce congrès est Jean Dubé qui apporté au troisième tour son soutien et quelques-uns de ses 39 votes obtenus au premier tour à Blaine Higgs!

Le parti progressiste-conservateur vient d’être repris en main par la vieille garde anglo-protestante. Ce n’est pas la vague promesse de Blaine Higgs de devenir bilingue d’ici les élections de 2018 qui saura séduire l’électorat francophone.

On dit que la politique fait d’étranges compagnons de lit. On a pu assister samedi dernier à une scène surréaliste lorsque Jake Stewart, connu pour ses propos vitrioliques à l’endroit de la Commissaire aux langues officielles, s’est rallié à Monica Barley. Pas peu fière de son nouvel allié, celle-ci a fait des déclarations improvisées et irresponsables à propos du poste de commissaire aux langues officielles qui a été créé par Bernard Lord lorsqu’il était premier ministre.

Ce sont des délégués largement dans la soixantaine et unilingues anglophones qui ont élu Blaine Higgs. Les jeunes brillaient par leur absence et la petite poignée de francophones n’a pas fait le poids.

Loin de se réjouir de ce constat, les libéraux devraient être inquiets devant la perspective d’une province plus que jamais divisée sur le plan linguistique alors qu’elle est aux prises avec d’énormes défis économiques et démographiques.