Quand la machine s’emballe

Un vent de libéralisation des mœurs souffle sur la société canadienne. Que ce soit en début, au milieu ou en fin de vie, nous pourrions tous y trouver notre compte.

Dorénavant, tous les enfants devraient naître désirés, car toutes les provinces (et territoires?) sont finalement au diapason de la loi canadienne les obligeant à offrir l’interruption de grossesse aux femmes qui le réclament. Cette procédure pourrait d’ailleurs se faire progressivement plus rare étant donnée la mise en marché publicisée de produits de contraception d’urgence, aussi appelée «la pilule du lendemain».

Une fois né, si l’enfant n’est pas en parfaite adéquation sexuelle, il apprendra rapidement que la nature aussi a des manquements, dont certains peuvent faire en sorte que le genre sexuel du corps ne corresponde pas au genre sexuel de l’âme.

L’homosexualité serait la plus simple expression de cette anomalie (si on peut encore parler d’anomalie), mais advenant que les choses se corsent, l’État accepte maintenant de prendre en charge le coût d’un changement de sexe.

Pour ne laisser personne en reste et favoriser la bonne humeur générale, l’État envisage la possibilité, voire la probabilité, de décriminaliser ou de légaliser la marijuana. Des plantations (et des gouvernements) font déjà des affaires d’or depuis que le feu vert a été donné à l’usage médical de la marijuana, qui réussit à soulager des maux jusque-là intraitables.

Évidemment, la population en général est maintenant avide de goûter à cette sensation de bien-être.

Bien sûr, lorsque l’usage généralisé de marijuana sera autorisé, il faudra repenser les règlements en vigueur dans les foyers de soins, car plus personne n’a le droit de fumer dans ces endroits-là. Peut-être choisira-t-on simplement de mettre la mari dans la chaudrée au blé d’Inde du dimanche soir.

Encore faudra-t-il qu’il reste des foyers de soins dans ce temps-là. Ces établissements coûtent de plus en plus cher à entretenir, difficile à dire si les taxes sur la marijuana réussiront à couvrir ces frais. Mais ne nous alarmons pas trop vite, si l’État les abandonne, la nature n’aimant pas le vide, peut-être que le crime organisé les reprendra.