Le bulletin provincial: résultats dans les deux sens

Les bulletins annuels des écoles, des districts et de la province ont été rendus publics mercredi. Les résultats sont sensiblement tous à la hausse par rapport à l’an dernier sauf dans le cas de la lecture en 4e année où les résultats sont à la baisse.

Évidemment, les tendances à moyen et à long terme seraient plus significatives et révélatrices de la réelle performance de notre système d’éducation. Pour dégager ces tendances, il faut faire une analyse plus poussée.

Par exemple, d’une année à l’autre, il y a ce qu’on appelle l’effet de cohorte. Nous pouvons comparer les élèves de 11e année nés en 2000 avec les élèves de 11e année de l’année précédente (ceux nés en 1999). C’est cette information que nous donne le bulletin.

Nous pouvons comparer, par ailleurs, les résultats de la même cohorte avec leurs résultats précédents. Ainsi, nous pouvons suivre la performance des élèves nés en 2000 quand ils étaient en 2e année (bulletin 2005-2007), quand ils étaient en 8e année (bulletin 2012-2013) et quand ils étaient en 11e année (2015-2016).

Cette analyse permettrait de montrer comment s’est comportée la même cohorte pendant les 12 années scolaires. Malheureusement, les données ne sont pas toutes disponibles et il n’est pas certain que la nature des évaluations permette cette analyse.

Quoi qu’il en soit, il y a trois résultats très intéressants. D’abord, les élèves de 3e, de 8e et de 10e années réussissent mieux en mathématiques cette année que l’an dernier. En comparaison avec leurs collègues anglophones (testés en 6e année), les élèves francophones semblent avoir nettement mieux réussi aux examens du ministère.

Pour la 3e année consécutive, les élèves francophones semblent aussi poursuivre leur progression en sciences et technologie au cours des trois dernières années.

Enfin, les élèves de 2e année montrent des résultats très prometteurs en lecture à haute voix et en lecture silencieuse. Près de 80% des élèves de 2e année atteignent les niveaux attendus.

Or, il y a une ombre au tableau des résultats en français. Bien que les élèves de 2e année réussissent très bien, dès la 4e année, la situation est problématique. Depuis les quatre dernières années, le taux de réussite aux examens de 4e année est passé de 67% à 56%.

Il remonte à 70% en 8e année et descend à 60% en 11e année.

Pour réussir l’examen en 8e et en 11e année, les élèves doivent obtenir un résultat supérieur à 55%. C’est ce qu’on qualifie de niveau acceptable. Le résultat attendu est plutôt de 70%. Dans ce cas, c’est seulement 40% des élèves de 8e année et 25% des élèves de 11e année qui atteigne le niveau attendu ou plus.

Cette performance ressemble au taux d’analphabétisme fonctionnel de 60% de la population acadienne dont il était question dans ma chronique du 23 septembre.

Il y a donc quelque chose que le système fait bien jusqu’en 2e année, mais qui n’est pas maintenue par la suite. Beaucoup d’efforts ont été investis en littératie et en formation auprès des enseignants de la maternelle à la 2e année. Cela explique sans doute les résultats encourageants à ce niveau.

Il faudrait cependant procéder à une étude sérieuse de la situation qui, il faut l’admettre, n’est pas particulière au Nouveau-Brunswick. Par contre, la petite taille du secteur francophone nous donne l’avantage de pouvoir agir plus rapidement que d’autres provinces plus grandes comme le Québec ou l’Ontario.

En ce sens, le plan éducatif de 10 ans promet des efforts en littératie et en alphabétisation. Il reste à espérer que ces efforts auront les effets voulus!