Nous sommes avides de savoir d’où nous venons, qui sont nos ancêtres et quelles sont nos racines. Le chroniqueur Denis Savard nous offre d’excellents portraits généalogiques – Racines acadiennes – et ceux-ci m’amènent à me questionner sur le legs biologique, psychologique et social qui nous est transmis, et que nous transmettons à notre tour.

Notre généalogie est affectée par de grandes épreuves et un transfert biopsychosocial est inévitable: même si souvent inconsciemment, les générations d’aujourd’hui sont marquées aussi.

▸ Si j’ai un ancêtre qui fut déporté de son village acadien, cette histoire me talonnera.

▸ Si j’ai un ancêtre ayant immigré de la Grande-Bretagne en tant qu’enfant orphelin afin de servir de main d’œuvre agricole, cette histoire me suivra.

▸ Si j’ai un ancêtre qui fut placé dans un pensionnat autochtone, cette histoire me préoccupera.

▸ Si j’ai un ancêtre qui fut exposé à la guerre ou à la torture, cette histoire me poursuivra.

▸ Si j’ai un ancêtre qui, pour des raisons culturelles, désirait avoir un fils et renia ses filles, cette histoire me sollicitera.

Je m’interroge sur les effets sur notre bien-être lorsque notre histoire familiale est imprégnée de grande souffrance morale. Je crois que les attitudes, les philosophies ainsi que les préjugés que nous assimilons de nos ancêtres sont intimement reliés à ce bien-être.

«Je suis né(e) ainsi!»

Connaître notre histoire stimule notre pouvoir de compréhension et de compassion (envers les autres et nous-mêmes). Mais ceci dit, cela n’est pas une excuse ni pour prendre des décisions de vie négatives ni pour être un pantin. L’utilisation d’excuses freine le développement et l’épanouissement du soi. De surcroît, dans le but de justifier un comportement désagréable, nous utilisons parfois de tels propos:

▸ «Je n’y peux rien, je suis fait comme ça; mon père et mon grand-père étaient pareils.»

▸ «Cela a toujours été comme ça dans ma famille – c’est dans notre nature!»

Ce ne sont que des excuses. En effet, ces propos peuvent expliquer pourquoi nous avons tendance à adhérer à certains schèmes de pensées et à imiter certaines façons de faire – par contre, une fois conscients de ces patrons, nous avons la liberté de les nourrir ou de les transformer.

Histoire de douleur et de résilience

Certes, nos racines familiales nous poussent à développer plusieurs traits de caractère positifs qui nous aident à avancer avec résilience et devenir de bonnes personnes. En revanche, nos racines nous soumettent également à la douleur familiale. Athias, docteur en médecine travaillant sur l’interprétation des maladies, explique que nous portons un stress inconscient familial qui peut se manifester en malaises ou maladies. Il fait des parallèles entre la biologie et la généalogie: «La biologie est le mode de communication entre mes ancêtres et moi». Il précise qu’avec conscience, nous pouvons toutefois remonter dans le passé, changer les ressentis négatifs de notre histoire et ainsi reprogrammer celle-ci.¹

Découvrons notre inconscient familial!

¹Athias, G. (2002). Racines familiales de la «mal a dit». Paris: Pictorus, p.4.

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