Réflexion – Et pourquoi pas?

Moncton voit-elle trop grand lorsqu’elle veut utiliser son nouvel amphithéâtre pour attirer des tournois majeurs nationaux et internationaux de hockey? Comme on dit chez nous, a-t-elle les yeux plus grands que la panse?

À peine a-t-on dévoilé dans nos pages ces ambitions que certaines personnes ont jugé impossible d’y accueillir un tournoi de la coupe Memorial, un championnat canadien de hockey universitaire ou – the sky is the limit!!! – un championnat mondial de hockey junior.

Pousse, mais pousse égal, Moncton!

Pourtant, la cité a prouvé – à maintes reprises, a-t-on besoin de préciser – son talent pour organiser de grands événements sportifs sur son territoire.

Rappelez-vous de la présentation du championnat canadien de hockey junior en 2006, lorsque les Wildcats avaient perdu en finale contre Patrick Roy et les Remparts de Québec.

Ou encore quand l’Université de Moncton a présenté le tournoi du championnat national pas une, mais cinq fois!

Et que dire du championnat mondial masculin de curling en 2009?

Sans oublier, bien entendu, les mégaconcerts rock sur la Côte magnétique, ou des matchs de la Ligue canadienne de football au Stade Moncton 2010, ou les Mondiaux féminins de soccer U-20 et senior encore tout récemment.

Maintenant qu’elle bénéficiera d’un colisée flambant neuf de tout dernier cri qui ouvrira ses portes dans moins de deux ans, il faudrait «prendre notre gaz égal» et, du coup, laisser les autres communautés prendre les devants dans l’acquisition de ces événements sportifs majeurs.

Ben oui…

On veut encore une fois le tournoi de la coupe Memorial en 2019?

Et pourquoi pas?

On veut recevoir les meilleures équipes de hockey universitaire du pays une fois de plus?

Et pourquoi pas?

On veut même faire les yeux doux à la Fédération internationale de hockey sur glace afin d’obtenir l’organisation du Championnat mondial de hockey junior de 2021?

Et pourquoi pas?

Surtout que dans ce dernier cas, Moncton serait un endroit parfait pour présenter ce classique du temps des Fêtes conjointement avec une autre ville, que ce soit Saint-Jean ou encore Halifax. Un peu comme Toronto et Montréal l’ont fait il y a deux ans. Et comme elles s’apprêtent à le refaire dans quelques semaines.

Et franchement, ce n’est pas un caprice. Avec un tel édifice qui aura coûté plus de 100 millions $, Moncton a un devoir moral de tenter d’en maximiser son utilisation par tous les moyens possibles. Ça signifie amener – et tout faire pour y arriver – en ville des expositions, des conventions, des concerts et, bien entendu, des événements sportifs majeurs. N’en déplaise à ceux qui pensent qu’elle voit trop gros.

Si elle ne le faisait pas, nous serions les premiers à la critiquer de ne pas faire tout en son pouvoir pour remplir ce nouveau Colisée.

Évidemment, elle n’obtiendra pas un taux de réussite de 100%, on s’entend là-dessus. Mais il vaut encore mieux échouer après avoir essayé que de ne pas essayer du tout.

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Le hockey senior a longtemps eu la couenne dure. Mais là, est-elle enfin en train de se ramollir?

Pour une fois qu’une ligue porte ses culottes et met cartes sur table en excluant la violence, nous ne pouvons qu’applaudir la décision qu’ont pris les dirigeants de la Ligue de hockey senior Acadie-Chaleur de chasser les Whoopers de Renous.

Ce n’est pas que nous doutions de la bonne volonté de cette formation au départ. Mais les premiers matchs dans le circuit ont démontré que les Whoopers préféraient, et de loin, le Old Time Hockey à la Eddie Shore des célèbres frères Hansen du non moins célèbre film culte Slap Shot, mettant en vedette Paul Newman.

Clairement, nous avons passé cet âge de pierre du hockey où la bagarre et la violence gratuite avaient autant sinon plus sa place que le jeu sur la patinoire.

Pendant plusieurs années, nous avons reproché à la Ligue de hockey senior de la Côte-Nord et à la Ligue de hockey senior Nord-Est de demeurer trop frileuses quand venait le temps de montrer l’exemple de punir adéquatement des scènes disgracieuses en infligeant des suspensions dissuasives et exemplaires.

Nous avons maintes fois tapé sur les doigts de leurs représentants (Roger Brun pourrait vous le confirmer…) qui patinaient aussi habilement qu’un professionnel chez les Ice Capades quand on leur demandait de prendre une position ferme contre la violence gratuite sur la glace.

Aujourd’hui, la Ligue de hockey senior Acadie-Chaleur a choisi la tolérance zéro devant de tels comportements. C’est certes fort dommage pour les joueurs et l’organisation des Whoopers, mais il fallait y penser avant.

En espérant que l’autre ligue comprenne le message maintenant…

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Quand j’ai lu dans nos pages que le député de Caraquet Hédard Albert suggérait un crédit d’impôt pour favoriser la pratique du sport, j’ai à la fois applaudi et failli tomber de ma chaise.

L’idée est excellente, certes. Elle connaît d’ailleurs un certain succès au niveau fédéral. Évidemment, on ne se met pas riche avec ça, mais si ça permet d’économiser quelques dollars tout en nous mettant en forme, on fait alors deux pierres d’un coup.

Le gouvernement Gallant doit approfondir cette suggestion, même si la province est actuellement en période de restriction financière. N’en déplaise au ministre Victor Boudreau, qui soutient que ce n’est pas dans le radar de Fredericton actuellement.

Seul petit bémol: pourquoi M. Albert n’a pas poussé pour cette stratégie du temps qu’il était ministre responsable des Sports au Nouveau-Brunswick, sous l’ère Graham? Il en avait les pouvoirs, non?

Énigme…