Personnalité de la semaine: Jean-Luc Bélanger

Éducateur, rassembleur, organisateur, Jean-Luc Bélanger possède un curriculum vitae long comme le bras. Ce pionnier de la cause francophone en Acadie – surtout connu comme étant le père fondateur des Jeux de l’Acadie – a œuvré au sein de dizaines d’organismes et d’associations communautaires et provinciales au fil des ans. En plus de nombreuses reconnaissances, il a été nommé membre de l’Ordre du Canada en 1992. Né à Dalhousie en 1941, il a compris très rapidement que les francophones devaient prendre leur place pour ne pas perdre leur langue et leur culture. C’est sa mère qui lui a appris l’importance du bénévolat et de l’implication communautaire. Enseignant d’éducation physique, titulaire de classe, puis directeur d’école de 1959 à 1970, il est ensuite devenu fonctionnaire auprès de différents ministères, toujours en lien avec l’activité physique. Pour lui, l’adage d’un esprit sain dans un corps sain est une évidence. Après avoir satisfait un mandat à titre de président de l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick de 2004 à 2008, il en est devenu le directeur général. À l’aube de son 75e anniversaire de naissance (le 24 décembre), il refuse de baisser les bras devant la vie. Sa tête bouillonne d’idées et bien mal sera celui qui tentera de l’empêcher de les concrétiser. Il est la personnalité de la semaine Radio-Canada / Acadie Nouvelle du lundi 21 novembre 2016.

Nous n’aurions pas assez de place dans une page du journal pour énumérer toutes vos implications bénévoles. D’où vous vient cette motivation?

«C’est de ma mère que je tiens ça. C’est elle qui m’a démontré toute l’importance et la valeur de s’impliquer dans nos communautés. Quand j’étais enfant, elle était secrétaire du foyer-école. Elle voyait que c’était important l’éducation. Ma mère aimait les gens, elle aimait socialiser et se mêler avec eux. Moi aussi.»

Vous avez toujours eu un amour du sport. Les gens vous connaissent d’ailleurs comme étant le père des Jeux de l’Acadie. Pourquoi est-ce si important pour vous?

«La santé, c’est la base. Quand on n’a pas ça, tout devient plus difficile. J’ai toujours essayé de promouvoir le sport auprès des jeunes et de mettre l’accent sur le mieux-être et la nutrition. Il faut bouger dans la vie. On voit que le gouvernement met plus d’effort dans ce sens, mais ça n’a pas toujours été le cas. Au Nouveau-Brunswick, nous avons beaucoup d’embonpoint et de surpoids. Il faut remédier à ça.»

Vous tentez souvent de faire le pont entre les générations. Vous l’avez encore fait lors de la dernière édition des Jeux 50+, en encourageant les participants à emmener leurs petits enfants. Pourquoi?

«On a besoin de créer des espaces intergénérationnels. Ça nous manque, surtout dans une société où l’on est devenus très individualistes. Il faut créer des liens pour assurer la pérennité de notre identité et sa transmission. Je considère le sport comme un véhicule, ce sujet commun qui permet cette interaction. Je fais confiance à la relève. C’est certain que ça va être différent de ce que nous on a été, c’est certain, mais il faut se parler. Les aînés peuvent être des mentors pour eux.»

En discutant avec vous, on comprend rapidement que vous croyez en la bonté des gens, en leur capacité de faire le mieux plutôt que le pire. Certains sont plus pessimistes que vous. D’où ça vous vient?

«C’est mon implication au sein de la communauté qui m’a appris ça. Pour m’être lancé en affaires à quelques reprises, j’ai compris que j’avais une plus grande facilité au niveau de la gestion de personnel. Il faut prendre le temps de comprendre l’autre. Nous ne sommes pas tous au même niveau, mais le niveau de l’un n’est pas nécessairement supérieur à l’autre. Ce sont différents cheminements d’apprentissage que nous prenons. Nous faisons parfois des erreurs, mais les gens sont fondamentalement bons et veulent le bien des autres. Il faut simplement leur tendre la main et leur faire confiance.»