Un sac sur le perron

Le gouvernement provincial a jeté l’éponge la semaine dernière dans le dossier des autobus bilingues. Il renonce à tenter de convaincre la Cour d’appel de préciser ses obligations constitutionnelles.

Ce n’est pas tout.

Fredericton sort des pattes des districts scolaires, qui peuvent maintenant gérer le transport scolaire comme ils le veulent. Libre à eux de partager des autobus avec les districts anglophones s’ils le souhaitent.

Ce revirement de situation est bien accueilli par les districts. Ça se comprend. Ils ont maintenant un peu plus de pouvoir.

Les trois districts francophones héritent cependant d’un dossier explosif.

Si l’un d’entre eux opte pour les autobus bilingues, il va s’exposer à des poursuites longues et coûteuses.

Cela dit, tout porte à croire qu’ils vont choisir le statu quo.

Mais ils ne s’en tireront pas indemnes même s’ils ne bougent pas d’un poil.

Les quatre districts anglophones, attirés par la possibilité d’économiser de l’argent, vont sans doute parler de plus en plus fort en faveur des autobus bilingues.

Les éditorialistes des quotidiens d’Irving vont battre les tambours de l’efficacité et de nombreux internautes vont râler que le transport hétérogène est la cause de tous les problèmes du Nouveau-Brunswick.

Certains politiciens vont y voir une occasion de marquer des points à l’approche des élections de 2018 et vont débarquer comme des chiens dans un jeu de quilles.

Et qui va faire face à toute cette pression? Pas le premier ministre et ses collègues, des élus bien entourés qui ont l’habitude de gérer des crises et d’être critiqués de tous bords tous côtés.

Non. Ce sont les élus scolaires francophones, des membres de la communauté qui n’ont pas nécessairement la couenne aussi dure, qui devront gérer cette patate chaude.

On ne réalise peut-être pas encore, mais Brian Gallant, Brian Kenny et Serge Rousselle viennent de déposer un sac d’excréments sur le perron des districts francophones, de l’allumer et de sonner avant de déguerpir en hurlant de rire.